Sécurité

Mali : qui négocie la libération de Soumaïla Cissé ?

L'opposant au président Ibrahim Boubacar Keita, Soumaïla Cissé, le 12 août 2018.

L'opposant au président Ibrahim Boubacar Keita, Soumaïla Cissé, le 12 août 2018. © Boubacar Sada Sissoko/AP/Sipa

Depuis l’enlèvement du chef de file de l’opposition malienne, plusieurs notables de la région de Tombouctou conduisent les négociations avec les ravisseurs. Selon plusieurs d’entre eux, Soumaïla Cissé est bien détenu par un groupe affilié à la Katiba Macina d’Amadou Koufa.

Au cœur des négociations pour faire libérer Soumaïla Cissé, le chef de file de l’opposition, enlevé le 25 mars alors qu’il était en tournée électorale, plusieurs notables du cercle de Niafunké sont à la manœuvre, emmenés par un élu de son parti,  l’Union pour la République et la démocratie (URD). Maire de Koumaïra, dans le Gourma (une région tenue par les groupes jihadistes où la présence de l’État malien est devenue virtuelle), Amadou Kolossi conduit les négociations avec les ravisseurs depuis le jour du rapt. Bénéficiant d’une influence reconnue dans la région, il dispose en effet de contacts au sein de groupes djihadistes qui sévissent dans la zone.

Arguments

Depuis l’enlèvement de son leader, selon nos informations, Amadou Kolossi est épaulé dans cette mission sensible par certains notables du cercle de Niafunké, le bastion électoral de Soumaïla Cissé, afin de tirer ce dernier des griffes de ses ravisseurs. Parmi les arguments qu’il met en avant, le fait que le leader de l’URD est le principal opposant au régime de Bamako, et qu’il n’est donc pas comptable de l’action du gouvernement malien.
« À aucun moment les ravisseurs n’ont exigé le paiement d’une rançon ni la libération de prisonniers en échange de la liberté de Soumaïla Cissé », assure un élu du cercle de Niafunké partie prenante aux négociations. Depuis le 27 mars, un fichier audio circulant sur WhatsApp et attribué à un jihadiste proche d’Amadou Koufa évoque en effet une demande de rançon et la libération de jihadistes emprisonnés à Bamako en contrepartie de celle de Soumaïla Cissé.

Un groupe affilié à la Katiba Macina

« Les seules informations tangibles dont nous disposons pour le moment, c’est que les ravisseurs sont des jihadistes affiliés à la Katiba Macina d’Amadou Koufa ; plus précisément, il s’agit d’une ‘franchise’ composée de ¨Peuls originaires de Koumaïra », précise un élu URD du cercle de Goudam, qui suit de près l’évolution des négociations.
Jusque-là, le contact entre les négociateurs et les ravisseurs a pu être maintenu par intermittences, la zone où se trouvent ces derniers n’étant pas couverte par le réseau téléphonique. De telles tractations sont susceptibles de durer plusieurs semaines, étant donné que les ravisseurs se dissimulent des drones et autres hélicoptères lancés à la recherche du chef l’opposition par la Minusma.
En attendant un dénouement qu’ils espèrent heureux, les cadres de l’URD ont demandé à leurs candidats aux élections législatives de maintenir leur candidature et à leurs militants d’aller voter ce 29 mars pour le premier tour du scrutin.

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