Politique

Centrafrique : qui en veut au Premier ministre Firmin Ngrebada ?

Firmin Ngrebada (Republique Centrafricaine), Premier ministre.

Firmin Ngrebada (Republique Centrafricaine), Premier ministre. © Vincent Fournier/JA

Sur la scène politique centrafricaine, Firmin Ngrebada apparaît de plus en plus fragilisé. Le Premier ministre doit faire face à un front anti-Minusca, et ses adversaires ne désarment pas.

Le 17 mars, Bethsaida Mbongo, président du Mouvement des patriotes centrafricains pour la paix (MPCP), a une nouvelle fois appelé à manifester pour demander la mutation de trois fonctionnaires de l’ONU et la démission du Premier ministre, Firmin Ngrebada. Mbongo affirme que Zalko Bars Dimitroff, Torres Ray et José Carlos, cadres de la Minusca, ont livré des armes à des groupes armés de Bangui, et dit détenir des « preuves ».

Firmin Ngrebada a bien tenté d’apaiser les tensions ces dernières semaines, mais sans succès.

Manipulation du « pôle russophile » ?

Bethsaida Mbongo dispose en effet toujours de l’appui de la ministre centrafricaine des Affaires étrangères, Sylvie Baïpo-Temon. Convoquée à l’Assemblée nationale le 18 mars, celle-ci a écouté les critiques des députés – l’opposant Anicet-Georges Dologuélé fustigeant notamment « l’approche inutilement brutale et arrogante de la diplomatie ». Mais, tout comme le ministre de l’Intérieur, Henri Wanzé-Linguissara, elle ne s’est pas désolidarisée des Patriotes.

Si Firmin Ngrebada incite à la retenue, il se heurte à un « pôle russophile » au gouvernement, selon une source à la Minusca, où l’on dénonce également une « manipulation » à laquelle la Mission « ne cédera pas ». Ce « pôle » est notamment alimenté par l’activisme de l’ONG Aimons notre Afrique (ANA), du Burkinabè d’origine Harouna Douamba. Selon nos informations, ce dernier est « intimement lié » au financier Sani Yalo, président du conseil d’administration du Bureau d’affrètement routier centrafricain et conseiller du président Faustin Archange Touadéra.

Le Premier ministre est en outre fragilisé par le duel qui l’oppose actuellement à son prédécesseur, Simplice Mathieu Sarandji. Toujours selon nos informations, ce dernier et ses proches tentent de convaincre Faustin Archange Touadéra que Firmin Ngrebada pourrait devenir un rival lors de la prochaine présidentielle, dont le premier tour devrait se dérouler à la fin du mois de décembre de cette année.

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