Electricité

Au Maroc, Taqa résiste à la crise

Centrale thermique de Jorf Lasfar

Centrale thermique de Jorf Lasfar © Taqa Morocco

Touchée dans un premier temps par la panique qui a saisi la Bourse de Casablanca, la filiale marocaine du géant émirati Taqa relève la tête : tant que l’approvisionnement en charbon se poursuit, la centrale thermique de Jorf Lasfar continue à produire.

À la Bourse de Casablanca, l’action Taqa Morocco, qui a vacillé pour plonger en-dessous les 700 dirhams (65 euros) le 18 mars, dans le sillage de la panique généralisée qui a frappé les marchés au cours de la dernière quinzaine, a fini par remonter à 795 dirhams ce 26 mars. Les analystes estiment en outre que les fondamentaux de l’entreprise lui permettront de repasser prochainement la barre des 900 dirhams, soit presque à son niveau d’avant-crise, l’action s’échangeant 954 dirhams le 28 février. Ce qui fait du producteur d’électricité – filiale de l’émirati Taqa – l’une des valeurs les plus résilientes du marché marocain.

« Le coronavirus ne devrait pas avoir d’impact sur les résultats de l’opérateur », assurent des analystes d’Attijari Intermédiation, qui mettent en avant le contrat Take or Pay qui lie le producteur privé d’électricité à l’Onee, le distributeur public marocain : ce dernier s’est engagé à rémunérer Taqa Morocco sur la base de la puissance disponible dans l’ensemble des unités de la centrale, et non en fonction de la demande.

Le contrat, renouvelé au début de l’année, court jusqu’en 2044 et concerne les 2 056 MW que produisent les 6 unités de la centrale thermique de Jorf Lasfar, qui fournit presque 40 % de l’électricité au Maroc et qui s’étend sur 60 hectares. 

Chiffre d’affaires record en 2019

L’opérateur marocain, dont le capital est détenu à 85,7 % par le groupe public émirati Taqa, devrait donc voir ses revenus rester stables « tant que l’approvisionnement se fait normalement et que les cours du charbon ne subissent pas une forte volatilité », poursuivent les analystes d’Attijari Intermédiation. Or, jusqu’à présent, le trafic maritime reste relativement normal, et l’entreprise ne devrait pas avoir de mal à se faire livrer les 5,4 millions de tonnes de charbon qu’elle importe annuellement.

Taqa Morocco peut aussi mettre en avant des performances en hausse : si son résultat net part du groupe – de plus 1 milliard de dirhams – était en 2019 sensiblement le même que lors de l’exercice précédent, son chiffre d’affaires, en hausse de 11 %, a franchi pour la première fois la barre des 9 milliards de dirhams (à 9,1 milliards). En outre, son programme de maintenance lui a permis d’atteindre un taux disponibilité de ses unités de production de 92,9 %, le plus haut niveau depuis son introduction en Bourse, en 2013.

Malgré ces bons chiffres, Taqa a choisi de baisser le montant des dividendes distribués à ses actionnaires, passé de 40 à 36 dirhams par unité. « Cela traduit la volonté de l’entreprise de garder le plus de ressources possibles pour faire face à d’éventuels coups durs à l’avenir », commentent les analystes que nous avons consultés.

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