Mines

Endeavour-Semafo : un mariage à 640 millions d’euros bouleverse les mines africaines

Mine de Houndé en septembre 2017.

Mine de Houndé en septembre 2017. © Endeavour Mining

La compagnie aurifère Endeavour Mining, pilotée par le Français Sébastien de Montessus, annonce une opération de fusion-acquisition amicale d’envergure avec Semafo, menée par le Québécois Benoît Desormeaux.

Coté à Toronto, dirigé depuis Londres, et actif en Afrique de l’Ouest (avec des mines et projets en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Mali), où il a extrait 651 000 onces en 2019, Endeavour entend devenir l’un des tous premiers producteurs d’or dans la région grâce à cette opération, évaluée à près de 1 milliard de dollars canadiens (640 millions d’euros). La production totale étant estimée à 1 million d’onces d’or.

Si celle-ci est couronnée de succès, le nouvel ensemble, qui devrait conserver le nom d’Endeavour, espère talonner Barrick et AngloGold, ses deux principaux concurrents au niveau africain.

Les actionnaires d’Endeavour détiendraient 70 % du nouvel ensemble formé des deux compagnies extractives. Parmi eux, La Mancha, holding minier du magnat égyptien Naguib Sawiris, jusque-là premier actionnaire d’Endeavour (31 % des parts), qui posséderait 25 % du capital du nouveau groupe constitué.

Il s’est dit prêt à y injecter 100 millions de dollars pour lui permettre de faire avancer ses projets en Afrique de l’Ouest.

Vote des actionnaires fin avril-début mai

Selon les promoteurs de la transaction, ce sont avant tout les synergies possibles au Burkina Faso qui la rendent attractive, notamment du fait de la possibilité de combiner la mine de Houndé d’Endeavour avec les sites de Mana (en exploitation) et le projet de Bantou, tous deux propriétés de Semafo et situés à proximité dans la même région, au sud-ouest du pays.

Semafo est également présent en Côte d’Ivoire, mais n’y a pour l’instant qu’une activité d’exploration, contrairement à Endeavour, qui y exploite les mines d’or d’Ity et d’Agbaou.

Pour se réaliser, l’opération doit être soumise au vote des actionnaires des deux groupes miniers, ce qui devrait être fait fin avril ou début mai 2020. Elle devra aussi recevoir, outre l’approbation des autorités boursières canadiennes, celles des autorités réglementaires du Burkina Faso, mais aussi de l’UEMOA, afin qu’elles se prononcent sur la conformité au regard du droit de la concurrence.

La majorité simple est requise pour Endeavour, celle des deux-tiers pour Semafo, dont le siège est à Montréal. En cas de votes favorables, c’est Sébastien de Montessus qui deviendrait CEO du « nouvel Endeavour », Benoît Desormeaux devenant le président du conseil d’administration du groupe.

Coronavirus et chute (relative) de l’or

Cette opération financière d’envergure intervient dans un climat particulier pour les deux miniers ouest-africains. D’une part, l’activité des groupes miniers fait face à la recrudescence des violences de différents groupes armés au Sahel, particulièrement au Burkina Faso et au Mali.

Le 6 novembre dernier, dans l’Est du Burkina, un convoi de la mine de Boundou, de Semafo, a subi une attaque armée entraînant la mort de 39 personnes, ainsi qu’une soixantaine de blessés.

Sur un plan économique, si, jusqu’à la mi-mars le cours de l’or semblait plutôt protégé par son statut de valeur refuge, dont le prix renchérit en période de crise, il a perdu quelques couleurs depuis la proclamation de la pandémie de coronavirus par l’Organisation mondiale de la santé.

Le 23 mars, l’once d’or était cotée autour de 1 480 dollars, à comparer aux 1 699 dollars l’once du 9 mars dernier, et ce même si le prix actuel reste élevé par rapport aux cours moyens des années précédentes, y compris en 2019.

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