Politique

Cameroun : les législatives partielles en zone anglophone marquées par la violence et l’abstention

Une femme vote lors de l'élection présidentielle au Cameroun, le dimanche 7 octobre 2018 (Image d'illustration).

Une femme vote lors de l'élection présidentielle au Cameroun, le dimanche 7 octobre 2018 (Image d'illustration). © Sunday Alamba/AP/SIPA

Les électeurs de 11 circonscriptions situées dans les régions anglophones du Cameroun ont de nouveau été appelés aux urnes, ce 22 mars, pour des législatives partielles, après que le Conseil constitutionnel a décidé d’invalider le scrutin du 9 février. Une élection qui a été émaillée de violence et qui n’a pas suscité d’engouement.

À Bamenda, chef-lieu de la région anglophone du Nord-Ouest, de violents affrontements ont opposé les forces de défense camerounaises à des groupes armés non loin d’Ayaba Street, au cœur de la ville. Selon des témoins, des séparatistes présumés ont lancé une attaque destinée à perturber le bon déroulement du scrutin dans l’après-midi du dimanche 22 mars. Les forces de l’ordre ont riposté et des tirs ont été échangés. Un bilan non officiel fait état de deux civils tués par des balles perdues.

Les élections législatives du 9 février étaient réorganisées dans onze circonscriptions des régions anglophones : dix dans le Nord-Ouest et une dans le Sud-Ouest. Selon Paul Atanga Nji, le ministre de l’Administration territoriale qui a, pour sa part, voté aux premières heures de la journée à Bamenda, « aucun incident majeur pouvant entacher le déroulement ou la crédibilité du scrutin » n’a été signalé par les autorités locales. Du côté d’Elecam, l’organisme chargé d’organiser les élections, on annonce des résultats « dans les quinze jours ».

Abstention notoire

Au total, 300 000 personnes étaient appelées à retourner aux urnes, mais la journée a été marquée par une abstention notoire. Entre la peur des représailles que pourraient exercer les milices « ambazoniennes » et les craintes liées à l’épidémie de coronavirus, beaucoup d’électeurs ont choisi de ne pas faire le déplacement, comme cela avait déjà été déjà le cas le 9 février.

« Les conditions ne sont pas réunies pour que l’on puisse participer à cette élection, a confié à Jeune Afrique un habitant de Bamenda. Et puis comment peut-on à la fois nous demander de rester chez nous pour éviter le coronavirus et de sortir voter ? ». Elecam avait pourtant disposé des solutions hydroalcooliques à l’entrée de chaque bureau de vote.

« Dans une circonscription comme la mienne, qui compte près de 120 000 électeurs, moins de 10 % d’entre eux avaient réellement la possibilité d’exercer leur devoir de citoyen », explique Nforbi Nchinda, candidat du Social Democratic Front (SDF, opposition) à Bali, non loin de Bamenda. Une situation qui selon lui, résulte du fait que nombre des centres de vote étaient « très souvent éloigné des populations ». À l’en croire, l’abstention pourrait être encore plus élevée que début février.

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