Politique économique

Coronavirus : Alger taille dans son budget pour faire face à la chute des cours

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 25 mars 2020 à 10h27
Le président Abdelmadjid Tebboune, lors d'une conférence de presse, en décembre 2019.

Le président Abdelmadjid Tebboune, lors d'une conférence de presse, en décembre 2019. © Fateh Guidoum/AP/SIPA

L’Algérie réduit ses dépenses publiques et revoit sa politique économique face à l’effondrement des cours du pétrole, principale ressource du pays.

À l’issue d’un conseil des ministres présidé dimanche 22 mars par le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie révise à la baisse de 30 % le budget de fonctionnement de l’État, sans toucher aux salaires des fonctionnaires.

Deux ministères sont épargnés par la rationalisation des dépenses : l’Éducation et la Santé, pandémie de coronavirus oblige.

 

Sonatrach doit diviser par deux ses charges

Le géant pétrolier Sonatrach est sommé de « réduire de 14 à 7 milliards de dollars (13 à 6,5 milliards d’euros), les charges d’exploitation et les dépenses d’investissement afin de préserver les réserves de change », précise le communiqué.

Le conseil des ministres a aussi validé un plan de réduction de la facture des importations de 41 à 31 milliards de dollars (28 à 38 milliards d’euros).

L’Algérie n’aura plus recours aux cabinets d’expertise étrangers, ce qui permettra, selon la présidence, d’économiser 7 milliards de dollars (6,5 milliards d’euros) par an.

Projet de loi de finances complémentaire reporté

Pour chercher d’autres sources de financement, l’Algérie a décidé notamment d’augmenter la production d’engrais, de surseoir à certains projets – en particulier de centrales électriques -, d’accélérer le recouvrement des impôts et taxes ainsi que des crédits octroyés par les banques publiques.

Un projet de loi de finances complémentaire devait être examiné dimanche par le conseil des ministres mais Abdelmadjid Tebboune a, selon le communiqué, décidé de de le reporter « jusqu’à évaluation des répercussions des mesures financières prises au niveau du gouvernement, ainsi que de l’évolution de la situation dans le monde. »

Assèchement des réserves de change

La crise actuelle a fait prendre conscience de « la précarité de notre économie que nous n’avons pas su affranchir de la rente pétrolière », a reconnu le président algérien. Basée sur un prix du marché du baril de brut à 60 dollars, la loi de finances 2020 prévoyait une croissance économique d’environ 1,8 %.

Mais les cours du pétrole poursuivent leur descente, le baril de référence américain touchant la semaine passée un plus bas depuis 2003, à 22,53 dollars, pris en étau entre une offre débordante et une demande mondiale sapée par la pandémie de coronavirus.

L’effondrement des prix du pétrole à partir de 2014 a déjà réduit de moitié les recettes liées aux exportations d’hydrocarbures, qui représentent plus de 90 % des recettes extérieures du pays. La Banque d’Algérie a annoncé début février que les réserves de change avaient encore chuté à 62 milliards de dollars fin 2019 contre 79,88 milliards de dollars fin 2018 et 97,22 milliards de dollars fin 2017.

Ces réserves devraient continuer à baisser pour atteindre 51,6 milliards de dollars à la fin 2020, selon les prévisions de la dernière loi de finances adoptée en novembre, et pourraient même s’épuiser dans les prochaines années.

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