Sécurité

Boko Haram : qui est Ibrahim Bakoura, le chef jihadiste que l’armée nigérienne affirme avoir tué ?

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Mis à jour le 19 mai 2020 à 11h17
L’armée nigérienne est chargée de sécuriser la frontière avec le Nigeria.

L’armée nigérienne est chargée de sécuriser la frontière avec le Nigeria. © Capture d’écran/liveleak.com

Le ministère de la Défense du Niger a annoncé ce jeudi avoir éliminé le jihadiste nigérian Ibrahim Bakoura*. Portrait de ce chef de faction de Boko Haram.

*Précision au 19 mai 2020 : depuis l’annonce, plusieurs informations sont parvenues à Jeune Afrique mettant en doute la version du décès d’Ibrahim Bakoura. Si les éléments de portrait ci-dessous ne sont pas remis en question, le flou persiste encore sur le sort réel du jihadiste.

« Dans le cadre des opérations de la Force multinationale mixte, des éléments des Forces armées nigériennes déployés dans la région de Diffa ont mené une opération sur les îles nigériennes du lac Tchad, du 10 au 16 mars 2020 », explique un communiqué du ministère de la Défense du Niger diffusé jeudi 19 mars. Il ajoute : « Un chef de faction de Boko Haram, le nommé Ibrahim Bakoura, et plusieurs de ses compagnons » ont été « éliminés ».

Qui est Ibrahim Bakoura ? Selon nos informations, ce Nigérian est natif de Doron Baga, une ville située dans l’État de Borno, non loin des frontières tchadiennes et camerounaises, dans la zone du lac Tchad. S’il nous a été impossible de déterminer son âge, Bakoura est considéré comme un « vétéran » du groupe jihadiste Boko Haram.

Un fidèle de Shekau

Il a en effet intégré ce dernier alors que Muhammed Yusuf, décédé en 2009 à Maiduguri, était encore à la tête du groupe. Ibrahim Bakoura a ensuite fait allégeance à son successeur, Abubakar Shekau. Une proximité qui ne s’est d’ailleurs pas démentie. Récemment encore, le groupe de combattants dirigés par Bakoura dans les îles du lac Tchad avait fait parvenir à Shekau une vidéo d’allégeance, auquel le leader de Boko Haram avait répondu.

En 2016, Ibrahim Bakoura a choisi de rester fidèle à Abubakar Shekau tandis que le groupe jihadiste ouest-africain s’était scindé en deux. Il a alors refusé de suivre le Camerounais Maman Nur et son chef nigérian Abou Moussab al-Barnawi – destitué depuis -, qui avaient préféré affilier leur mouvement à l’État islamique et rebaptiser le groupe « État islamique en Afrique de l’Ouest », en opposition à la faction de Shekau.

Des affrontements avec l’État islamique

Depuis, Ibrahim Bakoura s’est replié davantage sur le territoire du Niger, aux alentours de Nguigmi, dans la région de Diffa, d’où ses troupes ont notamment mené des attaques contre les villes de Kablewa et Nguelewa, en janvier 2018, dans le triangle Bosso-Diffa-Nguigmi. « Ils ont également frappé au Cameroun et au Tchad, tout autour de la zone du Lac », précise Vincent Foucher, chercheur au Centre national de la recherche scientifique français.

Au nom d’Abubakar Shekau, qui voyait en lieu un « frère du Lac », le groupe de Bakoura mène également régulièrement des attaques contre les combattants de l’État islamique en Afrique de l’Ouest d’Abou Abdullah Ibn Umar Al-Barnaoui, le commandant ayant remplacé Abou Moussab al-Barnawi en mars 2019.

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