Diplomatie

Têtes contre dette : quand le Tchad rembourse l’Angola avec des bovins

Idriss Déby Itno, le 18 janvier 2017 au palais présidentiel.

Idriss Déby Itno, le 18 janvier 2017 au palais présidentiel. © Vincent Fournier/JA

Le Tchad et l’Angola se sont mis d’accord sur un règlement de la dette tchadienne avec des têtes de bétail. La première livraison de 1 500 têtes est arrivé cette semaine en Angola, mais ce sont 75 000 bovins qui devront être livrés pour rembourser les 88 millions d’euros dûs.

Quelque 1 500 premières têtes de bétail ont débarqué cette semaine au port de Luanda, en provenance du Tchad et 3 000 autres doivent suivre le même chemin durant ce mois de mars. Au total, N’Djamena s’est engagé à livrer à l’Angola 75 000 bovins sur une période d’environ six ans, en remboursement d’une dette qu’elle avait contractée en 2017 à hauteur de 88 millions d’euros.

L’annonce avait été faite début mars par le ministre angolais de l’Agriculture et des Forêts, António de Assis, lors d’une visite sur le projet agricole de Quiminha à la périphérie de la province de Luanda, où il a inspecté l’infrastructure de la plus grande unité de quarantaine animale du pays.

Un accord trouvé à l’Union africaine en février

Mais l’accord avait en réalité été conclu dès le mois de février, lors d’une rencontre entre les présidents Idriss Déby Itno et João Lourenço. Les deux hommes en avaient discuté en tête à tête de cette solution lors du sommet de l’Union africaine à Addis Abeba, le 10 février.

L’idée avait en outre déjà été évoquée par Idriss Déby Itno en août 2019, lors d’une visite de deux jours à Luanda. Le Tchadien espérait ainsi profiter de la situation de l’Angola, qui manque de bétail, pour proposer une solution avantageuse aux deux pays. Le bétail représente en effet plus de 50% du produit intérieur brut tchadien.

100 millions de têtes

N’Djamena a récemment une nouvelle fois parié sur ce secteur. Estimant que le conflit avec Boko Haram au Nigeria et au Cameroun mettait en danger le transport du bétail jusqu’aux ports du golfe de Guinée, le gouvernement a décidé de favoriser l’abattage des bovins sur son sol.

Le 29 février, Idriss Déby Itno a inauguré un abattoir permettant d’exporter de la viande au lieu du bétail sur pied, à Moundou, à 500 kilomètres au sud de la capitale, proche de la frontière camerounaise. Une première étape, assure le gouvernement, bien décidé à tirer profit d’un cheptel tchadien qui dépasse les 100 millions de têtes.

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