Energie

Azito versus Atinkou, le match des centrales thermiques en Côte d’Ivoire

Réservé aux abonnés | | Par - à Abidjan
Mis à jour le 18 mars 2020 à 16h03
La centrale d'Azito en Côte d'Ivoire, dont Globeleq envisage d'ajouter 250 MW à sa capacité de production actuelle de 440 MW.

La centrale d'Azito en Côte d'Ivoire, dont Globeleq envisage d'ajouter 250 MW à sa capacité de production actuelle de 440 MW. © Globeleq

Alors que Globeleq a lancé, au début du mois de mars, les travaux d’extension de la phase IV de la centrale d’Azito, JA fait le point sur les deux grands projets menés par la Côte d’Ivoire pour développer les capacités énergétiques du pays.

Depuis 2011, les différents projets énergiques développés en Côte d’Ivoire ont permis d’atteindre une puissance installée de 2 229 MW, soit une augmentation de la capacité de production de 60 % à fin 2019.

L’électricité ivoirienne est dépendante de plus de 80 % des centrales thermiques réparties entre Azito, Ciprel, Aggrekko et celle de Vridi.

« Tous ces projets visent à consolider la vision du gouvernement de faire de la Côte d’Ivoire, un hub énergétique. Nous visons aussi un mix énergétique de 42 % en énergie renouvelable à l’horizon 2030 », a confié à JA le ministre du Pétrole, de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Abdourahmane Cissé.

  • L’extension de la centrale d’Azito

Actionnaires : Le groupe britannique Globeleq, actionnaire à 77 % de la centrale thermique d’Azito a lancé le 6 mars, les travaux d’extension de la phase IV. Ils portent sur la construction de turbine d’une capacité totale de 253 MW, pour un financement global de 331 millions d’euros.

Les fonds sont assurés par la filiale dédiée au secteur privé de la Banque mondiale (IFC), Proparco, le bras privé de l’AFD pour le secteur privé et plusieurs autres investisseurs.

Technologie : La technologie adoptée est celle du cycle combiné qui permet d’utiliser de la vapeur de la quantité de gaz naturel déjà utilisée pour produire plus d’électricité sans en consommer davantage.

Calendrier : Le premier mégawatt de la centrale d’Azito IV devrait être produit à partir de 2021.

Contexte : La centrale d’Azito est opérationnelle depuis 1999 et a connu des extensions progressives, en 2003 et en 2014 avec les phases II et surtout la phase III qui a inauguré l’ère du cycle combiné.

La centrale existante dont la capacité est de 440 mégawatts, représente environ 30 % de la production nationale d’électricité.

Le géant américain GE fournira les turbines avec son allié espagnol ACS Cobra.
« Le projet permettra la création d’environ 2 000 emplois directs et indirects en phase de construction », précise Abdourahmane Cissé.

  • Le projet de centrale d’Atinkou

Actionnaires : La Côte d’Ivoire projette une extension de la centrale de la Compagnie ivoirienne de production électricité (Ciprel), détenue à 83,3 % le groupe français Eranove, contrôlé par le fonds Emerging Capital Partners, aux côtés de l’État ivoirien (14,7 %).

Le projet de centrale d’Atinkou vient de boucler son financement et ne sera pas bâti sur le site existant de Vridi dans le sud d’Abidjan. La centrale sera réalisée sur un site de 30 hectares à Jacqueville dans l’ouest d’Abidjan et aura une puissance de 390 mégawatts (MW).

Financement : le projet représente un investissement de 404 millions d’euros, financés par un consortium de bailleurs conduit par IFC, la BAD, le néerlandais FMO, la banque allemande de coopération DEG, le fonds Emerging Africa Infrastructure Fund (EAIF) et le fonds Opep pour le développement international (Ofid).

Calendrier : Atinko doit être opérationnel fin 2021 et créera environ 2500 emplois.

Centrale CIPREL (Compagnie Ivoirienne de Production d'Electricité) à Abidjan

Centrale CIPREL (Compagnie Ivoirienne de Production d'Electricité) à Abidjan © Eranove

Contexte : Un projet qui sera réalisé en deux phases, notamment la construction en dix-huit mois d’une turbine à gaz de 255 MW, et la réalisation sur neuf mois du cycle combiné, constitué d’une turbine à vapeur de 135 MW et d’une chaudière de récupération de chaleur.

Un taux de couverture de près de 70 %

La Côte d’ivoire exporte vers huit pays de la région ouest-africaine plus de 11 % de sa production nationale.

L’État, grâce à son parc énergétique, a électrifié plus de 919 localités sur une prévision de 917 localités faisant ainsi passer le taux de couverture à 69 % en 2019, contre 33% en 2011.

L’objectif étant d’électrifier tous les villages de plus de 500 habitants avant la fin 2020.

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