Politique

En RDC, l’UDPS de Félix Tshisekedi s’enfonce un peu plus dans la crise

Jean-Marc Kabund-a-Kabund, lors d'une visite des chantiers des "sauts-de-mloutons", à Kinshasa, le 7 février 2020.

Jean-Marc Kabund-a-Kabund, lors d'une visite des chantiers des "sauts-de-mloutons", à Kinshasa, le 7 février 2020. © DR / Cellule communication de l'UDPS

Leadership intérimaire de plus en plus contesté, militants en colère, silence de Félix Tshisekedi… Le parti présidentiel plonge davantage dans la crise.

Rien ne va plus au sein du parti de Félix Tshisekedi. Des membres de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) appellent à la démission de Jean-Marc Kabund-a-Kabund, à qui le chef de l’État a confié, fin janvier, toutes les prérogatives de président du parti jusqu’à la fin de son « indisponibilité ».

Conflictualité et ambitions

Réunis sous le collectif « Sauvons l’UDPS », Jacquemain Shabani – évincé début mars de la Commission électorale permanente (CEP) du parti – et Paul Tshilumbu accusent Jean-Marc Kabund-a-Kabund et son secrétaire général Augustin Kabuya d’avoir violé plusieurs textes statutaires et d’avoir une gestion opaque, notamment concernant l’attribution de certains postes.

« Nous dénonçons l’incapacité de l’actuel exécutif à gérer les ressources humaines du parti », ont-ils fustigé lors d’une conférence de presse, le 13 mars, accusant le président par intérim « de fédérer les membres du parti autour d’un même objectif : une conflictualité inutile » au nom de « ses propres ambitions ».

Pour le collectif, « le peuple perd chaque jour qui passe les espoirs qu’il avait placé en l’UDPS avec le risque de se détourner de la confiance placée en Félix Tshisekedi ».

« Main noire qui agit dans l’ombre »

Les membres de Sauvons l’UDPS affirment que, selon les textes du parti, un « directoire » est tenu d’organiser un Congrès dans un délai de trente jours à compter de « l’empêchement définitif » du président Tshisekedi.

La crise est telle que Paul Tshilumbu, le porte-parole de l’UDPS, accuseJean-Marc Kabund-a-Kabund d’avoir menti à l’ancien président Étienne Tshisekedi sur ses origines. « Il a affirmé au chef du parti qu’il est Katangais afin d’être nommé secrétaire général [il a ensuite cédé sa place à Augustin Kabuya, ndlr]. Or, il est originaire du Kasaï-Central », affirme-il.

Kabund a réagi à ces accusations à travers une vidéo diffusée mardi, dans laquelle il évoque une « main noire qui agit dans l’ombre » et « tente de diviser et déstabiliser » le parti.

Contrairement aux apparences, « ni sa personne, ni celle d’Augustin Kabuya » ne seraient visées, affirme-t-il, avant d’ajouter : « On vise à déstabiliser le président de la République ».

Jacquemain Shabani plaide pour une démarche de réconciliation des différents courants, et pour la préparation d’un congrès du parti. Une position partagée par plusieurs des cadres du parti qui occupent aujourd’hui des postes à responsabilité au gouvernement, et qui s’inquiètent de voir l’UDPS fragilisée, au profit de l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe, avec lequel le parti est allié au sein de la Coalition pour le changement.

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