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Économie

Comment Meknès a optimisé sa consommation d’électricité

| Par Jeune Afrique et
Place El-Hedim. La mairie baisse l'éclairage après 23 heures pour faire des économies.

Place El-Hedim. La mairie baisse l'éclairage après 23 heures pour faire des économies. © Emanuele Ciccomartino/AFP

En procédant à une refonte globale de son système de gestion et de distribution, la ville impériale a réduit ses dépenses en électricité de 15 % en moins de cinq ans.

Ville impériale située à environ 50 km de Fès, Meknès est connue pour ses grandes murailles, son architecture ismaïlienne, ses souks, son salon de l’agriculture. Ce que l’on sait moins, c’est que cette cité de plus 800 000 habitants est la championne du royaume en termes d’économies d’énergie. Entre 2009 et fin 2013, la ville a réduit sa consommation d’électricité de 15 %, au moment où, paradoxalement, sa population ne cesse de croître et son tissu industriel se densifie. Une prouesse qui s’explique par les nombreux efforts entrepris par l’État marocain, son Office national de l’électricité (ONE) et les autorités locales pour réduire la facture énergétique du pays, qui se monte à plus de 100 milliards de dirhams (près de 9 milliards d’euros) pour l’année 2013.

« Nous nous sommes engagés dès 2009 dans un plan de réduction de la consommation électrique, dans le cadre du Plan national d’actions prioritaires [Pnap], qui vise plus d’efficacité énergétique », explique Youssef Laklalech, directeur de la Régie autonome de distribution d’eau et d’électricité de Meknès (Radem). Au total, environ 200 millions de dirhams ont été investis par la ville.

JA2788p074infoLampes

Les actions mises en oeuvre sont multiples. À commencer par la généralisation des lampes à basse consommation. Pas moins de 70 000 lampes de nouvelle génération ont été distribuées aux habitants de la ville. Prix de l’unité : 18 dirhams, répartis sur dix-huit mois à raison de 1 dirham par mois. Un montant dérisoire auquel le consommateur ne prête même pas attention quand il reçoit sa facture mensuelle. En revanche, l’économie qui en a résulté est bien visible. « Les ménages qui ont installé des lampes à basse consommation ont vu leur facture allégée de 10 % en moyenne », signale le patron de la régie meknassie.

La ville a aussi orienté ses actions sur les systèmes d’éclairage public. Exit l’allumage manuel, les lampes de Meknès sont désormais équipées d’horloges « astronomiques », qui se règlent en fonction des saisons.

En ce mois de juin par exemple, l’éclairage est à son maximum entre 20 heures et 23 heures et se réduit automatiquement au-delà. « Il ne sert à rien d’avoir un éclairage maximal à minuit. Ce travail d’optimisation peut paraître banal, mais il nous a permis de réduire notre facture de 20 %. Les lampes étant moins sollicitées, cela a généré des économies sur le coût de maintenance. Le taux de panne à Meknès est d’ailleurs l’un des plus faibles du pays », précise Youssef Laklalech.

Batteries

Ce n’est pas tout. D’ici à fin 2014, la Radem devrait achever un vaste chantier de mise en place de batteries à condensateurs. Un procédé nouveau qui réduit les pertes sur le réseau de distribution. « Nous n’avons pas de chiffres précis sur l’impact que cela engendrerait sur Meknès. Mais les économies escomptées sur le plan national représentent l’équivalent de la production d’une centrale électrique », précise le patron de la Radem.

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Cerise sur le gâteau : la ville est dotée, depuis deux ans, d’un centre de téléconduite à la pointe de la technologie. Réalisé par la filiale marocaine de Schneider Electric, il permet à la ville de surveiller en temps réel le flux de distribution d’électricité et d’intervenir rapidement en cas de panne ou de coupure.

« Ce système de réseau intelligent agit plus sur la qualité de service que sur la facture énergétique. Il permet de contrôler les points névralgiques de la ville en temps réel et d’être plus réactif aux attentes des clients », signale Brahim Chamar, vice-président de la division industrie et énergie chez Schneider Electric Maroc. Meknès a ainsi réussi le pari de baisser sa consommation en améliorant la qualité du service.

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