Cinéma

Au Maroc, la production cinématographique poursuit son essor

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La mythique salle de cinéma Rif, qui abrite la cinémathèque de Tanger.

La mythique salle de cinéma Rif, qui abrite la cinémathèque de Tanger. © Hassan Ouazzani pour J.A

Fréquentation record des salles, croissance des recettes guichets, budget des productions étrangères en progression… malgré un modèle économique encore fragile, l’industrie cinématographique marocaine est de plus en plus lucrative. Explications.

Le Festival national du film de Tanger a été le seul événement culturel à avoir échappé de justesse au Coronavirus — qui a entraîné une série d’annulations de manifestations nationales et internationales. Sa clôture, le week-end dernier, a été l’occasion d’établir les grandes tendances de la production cinématographique du royaume durant l’année 2019. Malgré un déficit béant en écrans de cinéma et un modèle économique fragile, qui repose principalement sur les aides publiques, le 7ème art au Maroc se porte plutôt bien. Bilan en sept actes.

• Les guichets font meilleure recette

La fréquentation des salles comme les recettes guichets de cinéma ont enregistré un record en 2019, par rapport aux 5 dernières années. En 2019, plus de 1,8 million de tickets ont été vendus rapportant quelque 93 millions de dirhams. C’est quasiment 20 millions de dirhams de plus que la moyenne des recettes des deux dernières années.

• Le budget des productions étrangères en hausse

Scène du film "Ali Baba et les 40 voleurs" de Pierre Aknine, tournée dans le sud du Maroc.

Scène du film "Ali Baba et les 40 voleurs" de Pierre Aknine, tournée dans le sud du Maroc. © Centre cinématographique marocain (CCM)

Pas moins de 22 productions étrangères ont été tournées au Maroc durant l’année dernière. Celles-ci ont dépensé plus de 265 millions de dirhams. Un montant qui s’inscrit en baisse de 17% par rapport à l’année 2018, mais globalement le budget investi au Maroc par les productions étrangères a progressé de 8,8% d’une année à l’autre (près de 800 millions de dirhams) grâce aux séries télévisées dont les dépenses sont passées de 375 à 504 millions de dirhams.

• Des films 100 % made in bled au top du box-office

Les acteurs Lubna Azabal et Aziz Hattab, à l'affiche du film marocain "Adam" de Maryam Touzani.

Les acteurs Lubna Azabal et Aziz Hattab, à l'affiche du film marocain "Adam" de Maryam Touzani. © AD VITAM Productions

Dans le top 30 des films les plus vus dans les salles marocaines, on compte cinq long-métrages marocains. Ainsi, Joker a été détrôné au box-office marocain par Messoud, Saïda et Saadane, qui a réalisé près de 170 000 entrées pour 7,8 millions de dirhams. Soit 9 000 spectateurs de plus que le block-buster hollywwodien —  qui a néanmoins drainé 1 million de dirhams de plus que la comédie du bled.

• Les productions sahraouies de plus en « bankables »

La culture, l’histoire et l’espace sahraoui hassani est gracieusement subventionné. Les 12 longs métrages de fiction et films documentaires traitant du sujet ont décroché pour 50,1 millions de dirhams d’avance sur recettes. À cela s’ajoute quelque 8 millions de dirhams de différentes sortes de subventions. Dans la réalité ou dans la fiction, rien n’est trop cher pour défendre la cause nationale.

• La télé, ça paie bien

Affiche de la série Kabour et Lahbib.

Affiche de la série Kabour et Lahbib. © Objectif 9 Productions

Au Maroc comme ailleurs, ce sont les télévisions qui font tourner la production. Entre séries, téléfilms et sit-com, c’est un budget de 225 millions de dirhams qui a été investi dans quelque 63 œuvres. Un montant qui représente quasiment la moitié de tout ce qui a été dépensé dans tout type de production marocaine.

• Des films, avec ou sans subventions

Sur les 22 films marocains produits durant l’année, neuf n’ont pas eu besoin d’avance sur recettes. Mais cela s’est ressenti sur leur budget. Ils ont été produits pour 26 millions de dirhams, soit à peine la moitié des avances sur recettes accordées par le Centre cinématographique marocain (CCM) aux 13 long-métrages ayant eu les faveurs de la commission du fonds d’aides sur recettes. Celle-ci a également accordé pour 13,5 millions de dirhams d’avance sur recettes aux docu-fictions.

• Déficit de salles

Le Rif, à Casablanca.

Le Rif, à Casablanca. © Hassan Ouazzani/JA

Avec 48 écrans répartis sur six multiplex dans cinq villes, Mégarama tient la dragée haute en matière d’exploitation : près de 70% de parts de marché. La chaîne reste l’acteur le plus dynamique pour combler le déficit béant du Maroc, en écrans de cinéma. Mégarama a été le seul bénéficiaire du fonds d’aides à la création avec son nouveau projet de multiplex à Rabat, tandis que deux autres salles ont décroché des aides à la rénovation ou à la numérisation.

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