BTP & Infrastructures

En Côte d’Ivoire, le projet d’aménagement de la Baie de Cocody partiellement remodelé

Réservé aux abonnés | | Par - à Abidjan
Projet d'urbanisation dans la baie de Cocody.

Projet d'urbanisation dans la baie de Cocody. © Jacques Torregano pour JA

Retardé par « quelques difficultés sur le chantier », notamment sur la marina et la promenade, et par une étude commanditée par l’État, le chantier mené par l’agence Marchica devrait être partiellement livré fin 2020.

Initialement prévue pour fin 2019, la livraison du premier volet du méga-chantier de la baie de Cocody (viaduc, parc urbain, port de plaisance, espaces de loisir…) en Côte d’Ivoire n’aura lieu qu’à la fin 2020. Selon Marchica, le promoteur cette initiative ivoiro-marocaine dont les travaux ont été lancés en 2016, ce décalage est dû à une nouvelle étude demandée par l’État ivoirien pour « décliner un plan d’actions de valorisation du site ».

« Cette étude a pour objectif de réfléchir sur l’exploitation que nous ferons de la baie à la fin des travaux, nous déciderons s’il faut faire du logement résidentiel, des restaurants, de l’hôtellerie où simplement faire de la location. Le remodelage du projet nous a permis d’obtenir 10 hectares supplémentaires habitables et exploitables », assure une source chez Marchica.

Selon l’agence dirigée par Saïd Zarrou, les plus gros ouvrages sont en cours de réalisation, en dépit de « quelques difficultés sur le chantier », marqués par le ralentissement des travaux initiaux de la marina et de la promenade, en raison de la nouvelle étude initiée par le gouvernement.

Trois chantiers en parallèle

La réalisation de ce chantier ne fait pas l’unanimité sur la place d’Abidjan, certains sceptiques pointent les retards du chantier, mais s’interrogent aussi sur la qualité des études d’ingénierie réalisées par Marchica. « Sur le site, on pourrait avoir l’impression que le projet initial cale, au profit du pont de la Corniche et de l’échangeur, ce n’est pas le cas. Avec notre partenaire marocain, nous serions dans les délais », assure un conseiller de la présidence ivoirienne.

En 2019, trois grands ouvrages ont été lancés. En février, le pont de la corniche qui enjambera la baie depuis la commune de Cocody jusqu’au Plateau a été lancé pour un investissement de 77,5 milliards de F CFA réalisé par le chinois China Road and Bridge Corporation (CRBC). Sept mois plus tard, le 16 septembre, les travaux d’un deuxième ouvrage portant sur la construction d’un échangeur avec plusieurs infrastructures routières pour un investissement de 23,9 milliards de F CFA ont été lancés en amont du bassin versant du Gourou d’environ 3000 hectares. Le groupe marocain SGTM réalisera ce chantier d’une durée de vingt-et-un mois. Ce projet qui permettra d’éviter les inondations récurrentes du canal de la baie.

Enfin, le troisième ouvrage lié à la baie de Cocody démarré en novembre 2019 est l’ouverture de l’embouchure du fleuve Comoé à Grand-Bassam, à une cinquantaine de kilomètres. L’obstruction de l’embouchure menaçait la baie de Cocody. Les travaux financés à hauteur de 21,7 milliards de F CFA prendront fin avant 2023.

Financement mobilisé

Du côté de Marchica, on note que le financement de ce projet au coût de 450 millions de dollars a déjà été mobilisé, auprès notamment de la Banque islamique de développement (BID), de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea), du Fonds koweïtien pour le développement (FKD) et du Fonds de l’Opep pour le développement international (Ofid), ainsi que du gouvernement ivoirien.

Les résultats de l’étude demandée par les autorités ivoiriennes sont attendus avant la fin du premier semestre. Cependant, les prochains développements prévus sur le site porteront sur le lancement de deux projets majeurs : le lancement du barrage de Williamsville, en amont de la baie pour la récupération des solides drainés par les eaux de ruissellement en provenance du nord d’Abidjan ; et la construction d’une station de traitement d’eaux usées derrière le carrefour de l’Indénié, mitoyen au chantier.

Du côté des autorités ivoiriennes, le projet est supervisé par Amédée Kouakou, le ministre de l’Équipement et de l’Entretien routier, en liaison avec Patrick Achi, le secrétaire général de la présidence, tandis que le Bureau national d’études techniques et de développement (Bnetd) assure la supervision technique des travaux pour l’État.

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