Environnement

[Chronique] Les girafes blanches du Kenya condamnées à l’extinction par des braconniers

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Mis à jour le 11 mars 2020 à 18h13

Par  Damien Glez

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

Damien Glez

© Damien Glez

La dernière girafe blanche femelle vient d’être tuée dans une réserve kényane. Il ne resterait désormais en vie qu’une seule girafe blanche, un mâle.

L’association Ishaqbini Hirola a révélé mardi la découverte de deux corps de girafes à peau blanche « à l’état de squelette » dans une réserve de Garissa, dans l’est du Kenya. Ce forfait de braconnier serait peut-être passé inaperçu si l’un des deux animaux abattus n’avait pas été l’unique girafe blanche femelle répertoriée au Kenya, dans une zone réputée être la seule où sont déployées des stratégies de préservation de cette espèce.

Ces animaux n’ont été signalés dans aucun autre pays de la planète. Il ne resterait désormais en vie qu’une seule girafe blanche, un rejeton de ladite femelle, mais de sexe… masculin. Atteinte de leucisme – et non d’albinisme – , en déficit de cellules pigmentaires, cette catégorie rarissime de mammifère ongulé artiodactyle serait donc en instance de disparition inéluctable.

Mauvaise nouvelle pour la « famille », si l’on considère qu’il ne resterait qu’environ 110 000 spécimens de l’espèce au long cou. Sept sous-espèces sur neuf seraient considérées comme vulnérables, en danger ou en danger critique d’extinction, notamment la girafe masaï, qui périt sur les clôtures des agriculteurs, la girafe aux taches claires du Niger, offerte en cadeau par des politiciens ou encore la girafe ougandaise de Nubie, dont la population aurait diminué de 97% en trois décennies.

Interminable liste

La disparition de la girafe à peau blanche ne ferait qu’allonger l’interminable liste des espèces disparues. Pour ne parler que de la dernière décennie et du continent africain, le rhinocéros noir d’Afrique de l’Ouest s’est officiellement éteint en 2011, malgré son placement sous protection.

D’autres espèces ont disparu en ce début de XXIe siècle, comme la tortue géante de l’île de Pinta (en 2012), le phoque moine des Caraïbes (en 2008) ou le dauphin de Chine (en 2006).

D’autres animaux voient leur nombre décroître massivement à l’échelle d’une vie humaine, comme le symbole de la savane africaine. La moitié des lions africains aurait disparu en seulement 25 ans. D’un point de vue géographique, l’espèce a déserté 94 % de son aire de répartition historique. Dite « vulnérable à l’extinction », elle compterait moins de 25 000 spécimens en Afrique.

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