Politique

Un an de prison pour Karim Tabbou, figure du Hirak algérien

Karim Tabbou, porte-parole de l’Union démocratique et sociale (UDS).

Karim Tabbou, porte-parole de l’Union démocratique et sociale (UDS). © YouTube/FRANCE 24

Poursuivi pour atteinte à l’intégrité du territoire et incitation à un attroupement non armé, le coordinateur de l’Union démocratique et sociale Karim Tabbou vient d’être condamné à un an de prison, dont six mois ferme.

Le leader de l’Union démocratique et sociale (UDS) Karim Tabbou a été condamné ce matin, par le tribunal de Sidi M’Hamed, à un an de prison, dont six mois ferme, et 50 000 dinars d’amende. Un verdict prononcé alors que la Cour de justice était assiégée par des dizaines de manifestants réclamant l’acquittement de cette figure du Hirak — rassemblement violemment réprimé par les agents de police.

Arrêté le 25 septembre 2019, l’opposant politique a déjà purgé la quasi-totalité de sa peine. Il devrait donc quitter l’établissement pénitencier de Koléa le 26 mars prochain.

« Répression des libertés démocratiques et de l’action politique »

« Pendant son procès, Tabbou a démontré qu’il n’a jamais été un danger pour l’unité nationale. Nous espérions l’acquittement, mais le fait qu’il sera libre dans quinze jours est une chose positive », a lancé son avocat, Me Bouchachi, à sa sortie d’audience. Avant d’ajouter : « Nous allons en tant que collectif de défense, après concertation avec lui, faire appel. Et à ce moment-là, si la politique ne franchit pas les portes du tribunal, nous sommes sûrs que le verdict sera la relaxe. »

Karim Tabbou paie pour ses positions politiques avec une accusation prête à l’emploi, l’atteinte à l’unité nationale

« La condamnation de Tabbou s’inscrit dans la logique de répression des libertés démocratiques et de l’action politique », analyse le vice-président de la ligue algérienne des droits de l’homme, Saïd Salhi. Un point de vue partagé par Me Bouchachi, qui estime que l’opposant politique — qui a notamment été premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS) de 2007 à 2011, le plus ancien parti de l’opposition — « paie pour ses positions politiques avec une accusation prête à l’emploi, à savoir l’atteinte à l’unité nationale ».

Le 4 mars dernier, le procureur de la république avait requis contre Karim Tabbou, une peine de 4 ans de prison ferme et 200 000 dinars d’amende (environ 1500 euros) pour les chefs d’inculpation « entreprise de démoralisation de l’armée » et « atteinte à l’unité nationale ».

Interrogatoire musclé

Lors de son procès, Tabbou est revenu sur les conditions de son arrestation. Il a raconté, entre autres, avoir « été frappé avec des menottes, insulté et humilié », allant jusqu’à « mettre au défi le ministre de la justice d’ouvrir une enquête sur les circonstances de son interrogatoire ».

Le coordinateur de l’UDS a d’ailleurs été présenté devant le juge avec un pansement sur le nez et des difficultés à marcher. « Le fourgon cellulaire qui le transférait de la prison de Koléa vers le tribunal de Sidi M’Hamed a été victime d’un accident de la route », soutient le comité national de libération des détenus (CNLD). Une explication qui ne semble pas satisfaire l’avocat de Karim Tabbou, qui préfère recueillir la version de Karim Tabbou, avant de se prononcer. Une entrevue est d’ores et déjà programmée avec l’opposant, ce jeudi 12 mars, au sein de l’établissement pénitencier.

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