Télécoms

Rob Shuter, directeur général de MTN, quittera en 2021 un opérateur restructuré

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Mis à jour le 12 mars 2020 à 14h17
Rob Shuter lors du dernier salon AfricaCom qui s'est tenu en novembre au Cap.

Rob Shuter lors du dernier salon AfricaCom qui s'est tenu en novembre au Cap. © Twitter/MTN Group/2019

Arrivé en 2017, le patron de l’opérateur sud-africain quittera son poste en mars 2021, après avoir porté une stratégie destinée à recentrer le groupe sur ses activités les plus rentables.

Robert Andrew Shuter, dit « Rob », directeur général de l’opérateur sud-africain présent dans 21 pays quittera le groupe dans un an, comme le prévoit son contrat. L’annonce, faite à l’occasion de la présentation des résultats 2019 de MTN, ferait presque oublier la bonne santé du groupe qui a vu croître ses revenus de 9,8 % l’an passé et réalise un chiffre d’affaires de 141,8 milliards de rands (environ 7,8 milliards d’euros) pour un Ebidta de 53,4 milliards de rands.

Contentieux au Nigeria

« Le conseil d’administration remercie Rob pour la contribution qu’il a apportée, et continue d’apporter, à MTN. Le processus de succession sera achevé dans le courant de l’année, ce qui permettra un transfert sans heurts », peut-on lire dans un communiqué de l’opérateur, publié le 11 mars.

Expert-comptable de formation, ex-directeur administratif et financier de Vodacom, le Sud-africain Rob Shuter a quitté la direction du pôle Europe de Vodafone fin décembre 2016 pour remplacer le directeur intérimaire, Phuthuma Nhleko, en mars 2017.

Sa principale mission a été de gérer l’amende record de 5,2 milliards de dollars imposée à l’opérateur en 2015 par le Nigeria et réduite par la suite à 1,6 milliard de dollars.  Le dossier aura accompagné le dirigeant durant la première moitié de son mandat, la dernière tranche de la somme ayant été réglée en juin 2019. Le Nigeria est le marché le plus important de l’opérateur, coté à la bourse de Lagos depuis 2019, mais qui souhaite céder 14 % de sa filiale locale.

Des challenges pour 2020

Rob Shuter est également parvenu à réduire la dette de MTN, notamment en simplifiant son portefeuille par la cession d’activités non essentielles, par exemple dans les tours télécoms au Ghana et en Ouganda.

Le quinquagénaire, qui a débuté sa carrière dans l’audit chez Deloitte Afrique du Sud, cherche encore des repreneurs pour les participations que son groupe possède dans l’entreprise de tours de télécommunication IHS Towers. Les 29 % de l’opérateur dans le leader du secteur en Afrique pourrait lui rapporter 1,6 milliard de dollars, bien que certains observateurs émettent quelques réserves quant à la véritable valeur de ces actifs.

Parmi les grands objectifs de 2020 pour l’ancien banquier de Standard Bank et Nedbank diplômé des universités du Cap (UCT) et du KwaZulu-natal, figure également l’acquisition d’une licence en Éthiopie. Le projet s’annonce d’ores et déjà complexe, de l’aveu même des opérateurs candidats. Ces derniers ont récemment demandé au pouvoir éthiopien un report du dépôt des dossiers initialement prévu pour mars et dont le nouveau calendrier reste pour le moment inconnu.

Soucis judiciaires aux États-Unis

Mais MTN fait partie des favoris aux côtés du duo britannico-kényan Vodafone et Safaricom, du français Orange et de l’émirati Etisalat.

En Afrique du Sud, l’opérateur, comme son concurrent Vodafone, est pressé par le régulateur de baisser ses prix d’ici début avril. Mais la principale menace qui pèse actuellement sur lui se situe hors du continent. Aux États-Unis, MTN est accusé par des familles de soldats américains tués ou blessés en Afghanistan d’avoir financé des groupes terroristes locaux pour protéger ses infrastructures. Une plainte pour violation de la loi antiterroriste américaine a été déposée en décembre au tribunal de Washington DC.

En attendant, l’opérateur panafricain continue de séduire une clientèle toujours plus nombreuse. Il revendique désormais 251 millions de clients et compte en attirer davantage avec MoMo, son service de mobile money et Ayoba, sa messagerie – 2 millions d’utilisateur actifs – qui intègre les langues locales et veut ainsi concurrencer les géants comme WhatsApp, WeChat ou Messenger.

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