Politique

Soudan : le Premier ministre Abdallah Hamdok échappe à un « attentat terroriste » à Khartoum

Des policiers soudanais se tiennent à côté de véhicules qui faisaient partie du convoi du Premier ministre Abdalla Hamdok à Khartoum, au Soudan, le 9 mars 2020.

Des policiers soudanais se tiennent à côté de véhicules qui faisaient partie du convoi du Premier ministre Abdalla Hamdok à Khartoum, au Soudan, le 9 mars 2020. © AP Photo/Marwan Ali

Le convoi du Premier ministre soudanais a été visé lundi par un attentat « terroriste » à la bombe dans la capitale, selon des responsables et des médias d’État. L’attaque, qui n’a pas été revendiquée, a fait un blessé léger parmi les membres du protocole.

« Une explosion s’est produite au passage de la voiture du Premier ministre Abdallah Hamdok mais grâce à dieu personne n’a été touché », a écrit Ali Bakhit, le chef de cabinet de Abdallah Hamdok, sur Facebook.

Un responsable du Conseil des ministres a confirmé que « M. Hamdok a échappé à un attentat » en matinée. »

Le Premier ministre a été visé par une tentative d’assassinat mais il se porte bien et a été transporté dans un lieu sûr », a ensuite annoncé la télévision d’État, évoquant un « attentat terroriste ».

Radio Om Dormane, une station d’État, a indiqué que le convoi du Premier ministre avait été visé par des tirs d’armes automatiques lors de l’explosion, ajoutant que M. « Hamdok a été transporté dans un hôpital ».

Explsotion suivie de tirs

Le lieu de l’explosion, survenue à Kober, un quartier du nord-est de Khartoum, à l’entrée d’un pont sur le Nil, a été bouclé par les forces de l’ordre, qui ont immédiatement lancé une enquête.

Les images de deux véhicules endommagés par l’explosion ont été diffusées par la télévision d’État.

Dans un communiqué lu par le ministre de la Culture et de l’information, Fayçal Mohammed Saleh, le Conseil des ministres a qualifié l’attaque de « terroriste » sans en désigner les responsables.

L’attentat, qui n’a pas été revendiqué dans l’immédiat, a été provoqué par une explosion suivie de tirs visant le convoi de Abdallah Hamdok, selon le communiqué.

Il a fait un blessé léger parmi les membres du protocole accompagnant le Premier ministre, a précisé le Conseil, promettant de « faire face avec détermination à toutes les attaques terroristes ».

La « révolution » ciblée par l’attaque

C’est la « révolution soudanaise qui a été visée par cette attaque (…) mais nous ferons en sorte que cette révolution poursuive sa marche », a souligné le Conseil des ministres.

« Je veux rassurer le peuple soudanais que je me porte bien et que ce qui s’est passé n’arrêtera pas la marche (du Soudan) sur la voie du changement », a écrit le Premier ministre sur Twitter.

À la mi-journée, Abdallah Hamdok a présidé une réunion des dirigeants des Forces pour la liberté et le changement (FLC), fer de lance de la contestation qui a conduit au départ de l’ancien président Omar el-Béchir en avril 2019.

Il a ensuite réuni ses ministres pour une réunion extraordinaire, selon l’un de ses aides.

Défis

Dans des images de la télévision d’État, Abdallah Hamdok est apparu souriant pendant ces réunions et donnant l’accolade aux personnalités venues montrer leur soutien après l’échec de la tentative d’assassinat.

Plusieurs cortèges de manifestants soutenant le dirigeant ont commencé à sillonner Khartoum, selon des témoins.

Ce sont les FLC qui ont proposé cet ex-économiste de l’ONU au poste de Premier ministre pour la période de transition politique ayant fait l’objet d’un accord en août 2019 entre les militaires et les civils.

Depuis son investiture le 21 août, il s’emploie à relancer une économie en berne, à négocier la paix avec des mouvements rebelles de l’ouest et du sud du pays et à réformer un système politique hérité du pouvoir d’Omar el-Béchir.

Aux États-Unis, un haut responsable du département d’État en charge de l’Afrique, Tibor Nagy, a condamné l’attentat, réaffirmant le soutien de son pays au « gouvernement de transition dirigé par des civils au Soudan et au peuple soudanais ».

La mission conjointe des Nations unies et de l’Union africaine au Darfour (Minuad) a également condamné, dans un communiqué, l’attaque, estimant qu’elle visait « à faire dérailler le processus de transition au Soudan ».

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