Pétrole & Gaz

Anticipant l’échec des pourparlers Opep-Russie, les cours du pétrole décrochent brutalement

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Mis à jour le 09 mars 2020 à 16h56
Une raffinerie de pétrole. (Photo d'illustration)

Une raffinerie de pétrole. (Photo d'illustration) © Anis Belghoul/AP/SIPA

Le cours du Brent se sont retrouvés dans le rouge en fin de journée vendredi 6 mars, cependant qu’une réunion entre les membres de l’Opep et la Russie se dirigeait vers l’échec d’un accord de réduction de production. Cet accord vise à contrer l’effet négatif du coronavirus sur les cours du brut.

« Le résultat d’aujourd’hui est un coup psychologique pour le marché, comme le montre la chute abrupte des prix du pétrole », commente Ann-Louise Hittle, vice-présidente Macro Oils chez l’analyste Wood Mackenzie. « Et le marché est désormais confronté au spectre d’une production illimitée une fois que l’accord OPEP + actuel aura expiré en mars ».

Les représentants des 14 membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dont sept africains (le Nigeria, l’Angola, l’Algérie, la Libye, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Congo) se sont rencontrés les 5 et 6 mars à Vienne en Autriche pour élaborer une stratégie pour contrer la chute des cours du baril de Brent à Londres. Les cours dévissent de 21 % depuis le 20 janvier en lien avec l’épidémie de coronavirus qui a démarré en Chine.

Emmenés par l’Arabie saoudite, le premier producteur mondial, ils escomptaient trouver ce 6 mars un accord avec la Russie – avec laquelle elle a formé une alliance informelle surnommée Opep+ – pour réduire de 1,5 million de barils par jour l’extraction de brut dans le monde et peser positivement sur les cours du Brent, fortement malmenés par les incertitudes économiques et la baisse de la demande chinoise (13,4 % de la consommation mondiale).

Moscou conduit l’Opep dans une impasse

L’organisation ne pesant que 30,8 % de la production mondiale, elle entendait prendre à sa charge les deux-tiers de cette réduction de production – autour de 1 million de barils par jour -, et  Moscou d’accepter de diminuer ses propres volumes de quelque 500 000 barils par jour.

Reste qu’en cette fin d’après-midi du 6 mars les pourparlers entre OPEP et Russie à Vienne n’ont pas abouti. Moscou, qui a besoin de ses recettes pétrolières et gazières, estime que ses sites extractifs restent, contrairement à ceux du Moyen-Orient – rentables au-dessus de 42 dollars le baril – et qu’une baisse de la production mondiale profiterait essentiellement aux producteurs américains de pétrole de schiste qui, selon lui, inondent actuellement le marché et bénéficient de coûts d’exploitation bon marché.

Après des fuites des participants pronostiquant l’échec des discussions Russie-OPEP, relayées par l’agence Bloomberg, le cours du Brent a encore davantage plongé – de 8,3 % sur cette seule journée du 6 mars – à 45,3 dollars en fin d’après-midi, soit son plus bas niveau depuis la fin 2018.

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