Conso & Distribution

La recette du kényan Naivas pour attirer les investisseurs

Supermarché Naivas

Supermarché Naivas © profil public Facebook

Alors que son concurrent Nakumatt ferme définitivement ses portes au Kenya, la chaîne de grande distribution Naivas renforce sa position de premier sur le marché compétitif en s’alliant avec le fonds d’investissement français Amethis.

Les enseignes orange et vertes se multiplient à vitesse grand V, 200 mètres après Chandarana, face à Carrefour ou à la place de l’ancien Nakumatt. Le jour de la Saint-Valentin, ce sont des centaines de personnes qui ont embouteillé le trottoir du Naivas en centre-ville pour les chocolats et fleurs à petits prix. Pourquoi l’entreprise familiale trentenaire attire-t-elle les foules et les investisseurs ?

« C’est une success story kényane, familiale, et ça, ça nous a beaucoup plu », appuie Frank Ndiyo, directeur d’investissement chez Amethis.

La société française de gestion de fonds d’investissements en Afrique vient de boucler le rachat d’une part minoritaire dans le capital de Naivas, première chaîne de supermarchés kényane en termes de parts de marché. Interrogée par Jeune Afrique, Wambui Mbarire, directrice générale de l’association des détaillants du Kenya précise : « Le nouveau propriétaire n’a que 30 % des parts, donc il ne peut améliorer que l’efficacité des opérations pour en faire un commerce plus profitable.»

Le bon cheval des détaillants kényans

En négociation depuis plus d’un an, l’accord a été signé fin 2019 à Nairobi, ville d’accueil du dernier bureau d’Amethis. Franck Ndiyo précise : « On vient les aider à réfléchir différemment, apporter un peu de fraîcheur dans leur technique managériale ». Conseils de gestion, amélioration du conseil d’administration et des comités et soutien au recrutement, entre autres.

Pour ce faire, Amethis a collaboré avec l’institution financière allemande DEG, du bras privé de la Banque mondiale, IFC, et de MCB Equity Fund, le fonds d’investissement de la banque mauricienne éponyme.

« Ces dernières années Naivas a adopté une nouvelle stratégie qui fonctionne. Un conseil d’administration plus resserré et ils travaillent en collaboration avec un consultant pour les accompagner », a commenté Wambui Mbarire.

La chaîne de 62 magasins récolte 50 à 60 milliards de shillings kényans (436 millions à 523 millions d’euros) de chiffre d’affaires annuel, rappelle la spécialiste des supermarchés.

tout le secteur a bénéficié de la chute de Nakumatt

Naivas fait la différence sur le marché compétitif et fluctuant des détaillants kényans, mais rappelle aussi la triste histoire de Nakumatt. Une compagnie familiale trentenaire également, forte de 60 enseignes déployées sur le marché kényan puis ougandais, mais qui s’est effondrée en quelques années sous le poids des dettes.

Derrière, Tuskys, Chandarana, Quickmart, Carrefour, Shoprite et d’autres enseignes ne font pas de cadeau à la concurrence en attendant leur tour dans un pays où « 70% de la consommation quotidienne, est toujours sur le marché informel », analyse le fonds d’investissement. Mais Amethis a bon espoir : « Tout le secteur a bénéficié de la chute de Nakumatt, ensuite on croit que Naivas c’est quand même une marque locale qui peut continuer à grandir au-delà de ces mouvements de marché. »

« Une success story kényane »

« Ils savent très bien faire ce qu’ils font depuis 30 ans, c’est vraiment un coup de pouce qu’on apporte», reconnaît Frank Ndiyo. Né en 1990 à Nakuru, aujourd’hui quatrième ville du Kenya en nombre d’habitants, la chaîne familiale s’est d’abord développée dans les banlieues comme Rongai, puis dans la capitale à partir de 2001.

« Nairobi, Mombasa, Kisumu, Nyeri, Meru, Thika, Nakuru, Eldoret, Kakamega. Ils sont partout en fait », constate Wambui Mbarire. « Dans toutes les régions en tout cas », confirme Frank Ndiyo.

Une présence sur le territoire qui plaît à Amethis et qui le distingue d’autres chaînes, comme Carrefour, essentiellement implantées à Nairobi. « Dans notre approche d’investissement c’est un secteur qui nous intéresse beaucoup parce qu’il est très près de toutes les strates de la population. »

Cet investissement est le quatrième du fonds panafricain Amethis Fund II, qui avait récolté 375 millions d’euros en juin 2019.

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