Défense

Le décès du leader djihadiste tunisien Abou Iyadh confirmé par AQMI

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Mis à jour le 04 mars 2020 à 15h27
Des membres de la brigade antiterroriste à Raoued, près de Tunis, le 4 février 2014. (illustration)

Des membres de la brigade antiterroriste à Raoued, près de Tunis, le 4 février 2014. (illustration) © Aimen Zine/AP/SIPA

Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) vient de confirmer la mort d’Abou Iaydh, fondateur du principal groupe djihadiste armé de Tunisie, Ansar Al Sharia. Il était notamment à l’origine de plusieurs attentats et assassinats politiques.

Annoncée plusieurs fois à tords, la mort  d’Abou Iyadh était devenue un serpent de mer. AQMI confirme désormais le décès de ce leader du djihad armé en Tunisie, aux cotés d’autres chefs de son commandement. Formé au sein du mouvement de la tendance islamique (MTI), l’un des ancêtres du parti Ennahda, il s’était fait connaître en s’engageant en Afghanistan et en fondant le groupe combattant tunisien GCT — soupçonné d’être derrière la mort du commandant afghan Massoud, assassiné lors d’une fausse interview avec caméra piégée. Abdelmalek Droukdel, émir d’Aqmi (ex-GSPC algérien, groupe pour la prédication et le combat), lui rend hommage dans ce post.

POST WASSIM NACR

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Capture d’écran 2020-03-04 à 12.13.58 © Le journaliste spécialiste des questions de djihadisme Wassim Nasr relaie l’annonce de la mort d’Abou Iyadh par AQMI.

 

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Lourdement condamné et emprisonné en Tunisie, Abou Iyadh (de son vrai nom Seifallah Ben Hassine) avait finalement bénéficié de l’amnistie décrétée au lendemain de la révolution tunisienne de 2011. Une nouvelle page s’ouvre alors pour cette figure nationale. Appuyé par des figures religieuses telles qu’Al Khatib Al Idrissi, célèbre prédicateur aveugle basé dans la région de Sidi Bouzid, il parvient à attirer de nombreux fidèles dans les rangs de son nouveau groupe, Ansar Al Sharia (les partisans de la Charia).

En toute impunité 

En 2012, autorisé à organiser son congrès fondateur dans le centre historique de Kairouan, haut lieu de l’islam en Tunisie, il réunit des centaines de personnes et parvient à prendre le contrôle des rues, filtrant la presse et ordonnant à ses troupes de ne pas donner d’interview. Ses hommes défilent alors en clamant des slogans tels que « mort aux juifs ». En toute impunité.

Toléré sous le gouvernement nahdhaoui d’Ali Laarayedh, Ansar Al Sharia a eu pignon sur rue, au point qu’il n’était pas rare à l’époque de croiser ses tentes de prédication ou ses membres lors de manifestations. Mais le groupe a rapidement été accusé d’être derrière les assassinats politiques de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, mais aussi de plusieurs attaques contre les forces tunisiennes et contre l’ambassade américaine à Tunis — qui avait duré plusieurs heures en septembre 2012 et fait 4 morts et de nombreux blessés. Symbole fort : l’étendard noir salafiste avait alors été hissé à la place du drapeau étoilé.

Il aura fallu attendre août 2013 pour qu’Ansar Al Sharia soit classé terroriste

Contraint à rester caché, Abou Iaydh réalise un véritable tour de force en apparaissant quelques jours plus tard dans la mosquée Al Fatah, en plein coeur de Tunis. Là, dans le quartier très fréquenté du Passage où croisent les lignes du tramway de la capitale tunisienne, au milieu de fidèles dont certains gardent les grilles du monument religieux, il donne un prêche diffusé via des hauts parleurs. Alors que certaines rues alentours sont quadrillées par la police et les forces spéciales, des hommes crient et courent. Un mouvement de panique s’ensuit et le leader djihadiste parvient à s’échapper parmi la foule.

Malgré ce nouveau pied-de-nez aux autorités, il aura fallu attendre août 2013 pour qu’Ansar Al Sharia soit classé terroriste dans le pays, puis « terroriste international» l’année suivante par Washington. Il avait depuis été localisé en Libye voisine, puis dans la zone sahélienne.

Des sources assurent qu’il aurait été tué dans une frappe de Barkhane, au Mali. La France ne confirme pas pour l’instant son implication directe.

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