Santé

[Chronique] Top 10 des « fake news » sur le coronavirus

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Mis à jour le 25 mars 2020 à 11h00

Par  Damien Glez

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

Glez

© Glez

À l’heure où l’épidémie de coronavirus arrive sur le continent africain, de nombreuses fausses informations circulent sur l’épidémie. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) met en garde contre les effets d’une « infodémie » néfaste. Top 10 des « fake news » en circulation.

Sénégal, Algérie, Égypte ou encore Nigeria : désormais, le coronavirus est aussi africain, quand bien même Donald Trump misait sur une incapacité du virus à supporter des températures supérieures à celles du printemps de l’hémisphère nord.

Si même le président des États-Unis fait grincer les dents des scientifiques, ce n’est pas le citoyen lambda en pleine psychose qui peut rassurer le corps médical. Les internautes sont tout à la fois cibles et vecteurs des fausses informations. Or, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme que les rumeurs contribuent à des mouvements de panique inappropriés. Épidémie et infodémie, même combat.

Les réseaux sociaux portent une lourde responsabilité dans la propagation de rumeurs contre-productives. Sous pression de l’OMS, Facebook, Instagram ou encore YouTube affirment avoir pris des mesures contre la désinformation sur le coronavirus. La viralité numérique n’a jamais si bien porté son nom. Top 10 des « fake news » autour de l’épidémie.

• La transmission par les moustiques

Même s’il est toujours utile de se tenir à distance de l’insecte propagateur du paludisme ou de la dengue, les virus respiratoires ne paraissent pas, à ce stade, transmis par les moustiques, mais par les gouttelettes de salive ou les sécrétions nasales émises par un individu infecté qui tousse ou éternue. Dans ce même registre animalier, aucun animal domestique n’aurait été infecté par le nouveau coronavirus.

• Les remèdes crédibles mais inutiles

Les antibiotiques agissent contre les bactéries et non les virus. En consommer, comme traitement ou moyen de prévention du coronavirus, reviendrait à endormir dangereusement la vigilance. Les vaccins contre la pneumonie ne protègent pas non plus du Covid-19. L’effet éventuel de la chloroquine, lui, est à l’étude mais ne convainc guère.

• La cure par la température

De même que les théories « trumpiennes » sur les températures élevées ne sont pas homologuées par la communauté scientifique – les sèche-mains et les lampes à UV ne pouvant donc prémunir efficacement -, l’OMS contredit l’idée selon laquelle le temps froid et la neige protégeraient du nouveau coronavirus. Inutile de se gaver de crèmes glacées.

• Les remèdes fantaisistes

Certains affirment à tort que l’on peut se prémunir du Covid-19 en se lavant les mains avec de l’urine d’enfant, en appliquant de l’huile de sésame sur son corps ou en consommant du cannabis. Il ne s’agit que de publicités mensongères ou de quêtes de clics. Si une blague indique que la consommation démesurée d’ail éloigne les éventuels infectés – pour cause d’haleine insupportable -, la plante potagère n’a pas d’effet immunisant sur l’organisme.

Des membres de l'armée sud-coréenne désinfectent les rues de Séoul, le 4 mars 2020.

Des membres de l'armée sud-coréenne désinfectent les rues de Séoul, le 4 mars 2020. © Ahn Young-joon/AP/SIPA

• La transmission par les colis venus de Chine

Même si cela varie en fonction de l’environnement et de la température, les germes pathogènes ne survivent que quelques heures sur les objets – les colis mais aussi les pièces de monnaie ou les cartes de crédit. Les voyages des produits importés de Chine en Afrique durent en principe trop longtemps…

• L’immunité par la jeunesse

Il est faux de penser que le virus ne touche que les personnes âgées, même si la fragilité d’un organisme influe sur la capacité de celui-ci à affronter une contamination.

• La conspiration des laboratoires pharmaceutiques

De grandes entreprises ayant fait fortune dans les médicaments dissimuleraient des traitements simples et efficaces contre le coronavirus, pour ne pas compromettre la vente d’un futur vaccin. Sur cette théorie des traitements retardés se greffe la mouvance anti-vaccins.

• La rumeur de l’arme biologique

Comme à l’apparition du VIH, des théories du complot affirment que le coronavirus serait une arme biologique développée par le gouvernement chinois, l’État américain ou un institut financé par Bill Gates, arme délibérément ou accidentellement lâchée. Ces rumeurs s’entrecroisent avec de présumées opérations géopolitiques secrètes de l’ex-bloc soviétique destinées à affaiblir les démocraties, à grands coups de propagande virale.

• La propagation numérique

S’appuyant notamment sur le fait que la 5G a été lancée dans la ville chinoise de Wuhan, quelques semaines avant l’apparition du coronavirus, et que les passagers infectés du navire de croisière Diamond Princess utilisaient cette technologie, des groupes de discussion alimentent la méfiance à l’égard des champs électromagnétiques (CEM) qui transmettent les réseaux de télécommunications.

Pour les uns, la 5G transmettrait le virus, tandis que, pour d’autres, un Covid-19 aussi bénin qu’un rhume servirait de paravent médiatique pour dissimuler d’autres pathologies…

Le paquebot Diamond Princess, mis en quarantaine au large du Japon.

Le paquebot Diamond Princess, mis en quarantaine au large du Japon. © Kentaro Aoyama/AP/SIPA

• Le complot à imaginer soi-même

Les théories complotistes les plus difficiles à contrer par du fact-checking sont celles qui ne font que sous-entendre. Déçu par l’annulation d’un de ses concerts devant rassembler plus de 5000 personnes – jauge de rassemblement temporairement interdite en France -, le chanteur français Matt Pokora s’est fendu d’un insidieux « On nous cache quelque chose ou quoi ?! ». Complot anti-RnB ? Si des internautes et des chroniqueurs ont raillé l’artiste, il est difficile d’évaluer l’impact de tel propos sur un fan club.

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