Politique

Maroc : Benkirane encourage El Othmani à démissionner

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Le chef du gouvernement marocain Saadeddine El Othmani (g.) et son prédécesseur Abdelilah Benkirane lors d'un meeting pour les législatives en septembre 2016.

Le chef du gouvernement marocain Saadeddine El Othmani (g.) et son prédécesseur Abdelilah Benkirane lors d'un meeting pour les législatives en septembre 2016. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Même à la retraite, l’ancien Chef de gouvernement Abdelilah Benkirane continue de tirer sur tout ce qui bouge. Mais sa cible préférée reste son successeur, Saâdeddine El Othmani.

Abdelilah Benkirane ne rate plus la moindre occasion pour charger son successeur. Lors d’une réunion de la jeunesse du Parti justice et développement (PJD), tenue dimanche 1er mars, l’ancien Chef de gouvernement a de nouveau asséné d’acerbes critiques à Saâdeddine El Othmani. Il considère comme « une faute grave » le vote favorable à la loi-cadre relative au système de l’éducation, qui avait créé la polémique en raison de la langue d’enseignement.

« Je ne pourrais jamais accepter son point de vue sur ce texte. Et ce qui me fait encore plus de peine, c’est qu’il en tire une grande fierté alors qu’il devrait avoir honte de l’avoir validé », a martelé Abdelilah Benkirane, qui voit dans l’acceptation de ce texte une négation de l’identité arabo-musulmane. Il est allé jusqu’à inviter El Othmani à « démissionner s’il estime qu’il est contraint de prendre une décision allant à l’encontre de ses convictions », rappelant au passage que lorsqu’il était Chef de gouvernement, il n’a pas cédé à la pression des « parties d’en haut ».

Pour l’ancien secrétaire général du PJD, le parti connait une véritable dégringolade

La guerre des chefs est déclarée

Pour l’ancien secrétaire général du PJD, « le parti n’est plus le même que celui qu’il avait lui-même dirigé », faisant allusion au premier mandat d’El Othmani entre 2004 et 2008. Benkirane estime que le PJD connait une véritable dégringolade.

« Nous avons voté la loi-cadre, nous avons perdu beaucoup de ministères lors du dernier remaniement et, malgré cela, nous dirigeons toujours le gouvernement », signale celui qui a décidé de boycotter les réunions de la formation politique, afin d’éviter le clash avec son successeur. Il précise néanmoins qu’il ne compte pas renoncer à ses responsabilités au sein du parti. Autrement dit, la guerre des chefs au sein du PJD n’est pas prête de s’arrêter.

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