Politique

Libye : l’inéluctable démission de Ghassan Salamé, (ex-)envoyé spécial de l’ONU

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 03 mars 2020 à 15h41
L'émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, lors d'une conférence de presse en mars 2017.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, lors d'une conférence de presse en mars 2017. © Thein Zaw/AP/SIPA

Après près de trois ans à son poste, l’émissaire des Nations unies en Libye, Ghassan Salamé, a annoncé sur son compte personnel Twitter sa démission pour des « raisons de santé ».

Officiellement, son départ n’est lié qu’à une santé chancelante, qui « ne me permet plus de subir autant de stress », a écrit l’émissaire de l’ONU en Libye, ce lundi sur son compte personnel Twitter. « J’ai donc demandé au secrétaire général (de l’ONU) de me libérer de mes fonctions », ajoute Ghassan Salamé.

Nommé en juin 2017 par Antonio Guterres, Ghassan Salamé menait les négociations pour instaurer un cessez-le-feu durable entre les forces de Fayez al-Sarraj, chef du Gouvernement d’entente nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale, et l’Armée nationale libyenne (ALN) du maréchal Khalifa Haftar, qui tient l’est du pays, et qui espère installer son emprise à l’ouest.

Échec des discussions à Genève

Cette démission intervient après un nouvel échec des discussions à Genève, la semaine dernière. Ghassan Salamé avait réussi à réunir en Suisse des représentants du GNA et de l’ALN, mais les deux camps ont suspendu leur participation. Lors d’une conférence de presse, le samedi 29 février, l’émissaire de l’ONU est apparu plus que jamais en colère contre les parties libyennes qui, dit-il, ne respectent pas leurs engagements. Le même les a accusées de répandre des mensonges concernant les pourparlers.

« J’ai essayé d’unir les Libyens et de restreindre l’ingérence étrangère » dans ce pays, tweete aussi le diplomate libanais, qui a souhaité « la paix et la stabilité. »

Ses efforts ont été largement compromis en avril dernier, à la faveur de l’offensive lancée sur Tripoli par le maréchal Haftar. La capitale, assiégée, est depuis le théâtre de combats quotidiens.

Le conflit a pris un tour particulier avec la décision turque d’apporter un soutien militaire à Fayez al-Sarraj, en déployant sur le terrain des mercenaires syriens payés par Ankara. Le Qatar soutient lui aussi le gouvernement de Tripoli, quand Khalifa Haftar peut se prévaloir de l’appui de l’Égypte, de la Russie, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis (EAU). Une « inacceptable (…) guerre par procuration », estime António Guterres.

Le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric, a depuis indiqué qu’Antonio Guterres avait à cœur d’assurer une transition en douceur, pour « ne pas perdre le rythme des gains réalisés. » 

Le secrétaire général de l’ONU doit s’entretenir avec le diplomate libanais pour définir les modalités et la durée de cette transition. Stéphane Dujarric a aussi assuré que Guterres « a toujours eu pleinement confiance dans le travail de M. Salamé et dans les grands efforts qu’il a déployés pour ramener la paix. »

Ghassan Salamé était le cinquième envoyé spécial de l’ONU pour le Libye.

 

 

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