Politique

Double scrutin en Guinée : l’OIF maintient son retrait du processus électoral, l’UA rappelle sa mission

| Par Jeune Afrique
Mis à jour le 28 février 2020 à 15h01
Une affiche pronant le "oui" au référendum sur la nouvelle Constitution en Guinée.

Une affiche pronant le "oui" au référendum sur la nouvelle Constitution en Guinée. © REUTERS/Stringer

À 72 heures du double scrutin de dimanche, le secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie a confirmé à Jeune Afrique qu’« il n’y aura pas de mission d’observation le 1er mars, ni ensuite », contrairement à ce qu’avait affirmé la veille son envoyé spécial. La Cedeao et l’Union africaine ont par ailleurs renoncé à déployer les missions d’observation initialement prévues.

La Guinée s’oriente vers un double scrutin à huis clos, dimanche 1er mars. Au lendemain des déclarations de Tieman Coulibaly, son envoyé spécial en Guinée, qui affirmait à JA hier que  « l’OIF n’a jamais annoncé le retrait de son soutien au processus électoral », Oria K. Vande weghe, la porte-parole de la secrétaire générale de l’organisation, Louise Mushikiwabo, a tenu à préciser qu’au contraire, « il n’y aura pas de mission d’observation” lors du scrutin prévu le 1er mars.

Jeudi, l’envoyé spécial de l’organisation affirmait pourtant à Jeune Afrique que l’OIF n’avait « jamais annoncé le retrait de son soutien au processus électoral ». L’ancien ministre malien des Affaires étrangères assurait en outre que l’organisation avait « juste fait des recommandations et demandé que, sur les 2 490 664 électeurs qui posent problème, un consensus soit trouvé entre les différents camps, l’opposition, la majorité présidentielle ainsi que les autres acteurs électoraux, la Ceni et la société civile », regrettant que « malheureusement », le contexte soit « tel que l’on ne peut pas échapper à des interprétations de part et d’autre ».

Ni OIF, ni Cedeao

Oria K. Vande weghe, la porte-parole de Louise Mushikiwabo, a tenu à préciser, à l’inverse, qu’« il n’y aura pas de mission d’observation le 1er mars, ni ensuite ». En début de semaine, l’OIF avait déjà assuré qu’il était « difficile de continuer à soutenir le processus électoral en Guinée au vu de la confusion qui l’entoure ». En confirmant ne pas déployer de mission d’observation pour ce double scrutin, l’organisation se fixe sur une position « cohérente avec celles exprimées par la Cedeao et l’Union africaine », précise le secrétariat général de l’OIF.

Dans un communiqué publié jeudi soir, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a en effet confirmé qu’une mission conduite par Mahamadou Issoufou, le président nigérien, président en exercice de l’organisation régionale, initialement prévue ce vendredi, avait été « reportée ». Raison officielle avancée : « Certains engagements et contraintes liés au calendrier électoral du président de la République. »

Mahamadou Issoufou, accompagné du Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, du Ghanéen Nana Akufo Ado et du Nigérian Muhammadu Buhari, souhaitait en effet rencontrer Alpha Condé pour « s’informer auprès de lui sur les préparatifs et le déroulement des élections législatives et référendaires ».

Par ailleurs, « compte tenu de l’existence de certains facteurs qui laissent supposer que la situation sur place n’est pas exempte de tout risque, il a été demandé à la Commission de renoncer à déployer une mission d’observation des élections ». La Cedeao se dit par ailleurs « toujours disponible pour apporter son soutien » et « exhorte toutes les parties à agir dans le sens de la préservation de la paix ».

L’UA rappelle sa mission

Vendredi, c’est l’Union africaine qui avait annoncé sa décision de « rappeler la mission d’observation déployée pour l’observation des élections législatives » du 1er mars. Dans un communiqué, Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’UA, se dit « préoccupé par les récents développements pré-électoraux en République de Guinée, caractérisés par la poursuite d’une forte controverse sur le fichier électoral et l’impossibilité du déploiement de la mission de bons offices composés de quatre chefs d’État de la Cedeao ».

L’Union africaine précise par ailleurs que ce retrait a également été décidé « en vertu du principe de la subsidiarité », qui suppose que l’UA s’aligne sur les décisions des instances sous régionales, en l’occurrence la Cedeao.

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