Politique

RDC : décès du général Delphin Kahimbi, le chef du renseignement militaire congolais

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Mis à jour le 29 février 2020 à 16h20
Un soldat des FARDC près de Beni, dans l'est de la RDC.

Un soldat des FARDC près de Beni, dans l'est de la RDC. © REUTERS/Goran Tomasevic

Le général Delphin Kahimbi, chef d’état-major adjoint des FARDC en charge du renseignement militaire, est décédé ce vendredi 28 février. L’information a été confirmée à Jeune Afrique par plusieurs sources. Ce proche de Joseph Kabila avait été suspendu de ses fonctions après avoir été interpellé le 20 février par la Direction générale de migration.

Selon plusieurs sources au sein du Conseil national de sécurité (CNS), le général Delphin Kahimbi, chef d’état-major adjoint des FARDC en charge du renseignement militaire est décédé ce vendredi à l’hôpital du cinquantenaire, à Kinshasa. L’information a été confirmée à Jeune Afrique par l’épouse du général, Brenda Kahimbi, ainsi que par plusieurs sources sécuritaires et politiques de haut niveau, qui ont cependant souhaité conserver l’anonymat. La cause du décès n’est pas encore connue.

Jeudi 20 février, la Direction générale de migration (DGM) avait interpellé le général Delphin Kahimbi alors qu’il s’apprêtait à s’envoler pour l’Afrique du Sud. Tout comme Kalev Mutond – l’ex-patron de l’Agence nationale de renseignement (ANR), interpellé le 12 février) – , le général Delphin Kahimbi était accusé d’avoir dissimulé des armes et de tentative de déstabilisation. Le chef d’état-major adjoint des FARDC était également soupçonné d’avoir mis l’actuel gouvernement sous surveillance.

Général influent et sous sanctions

Auditionné par le CNS, quelques jours après son interpellation, Delphin Kahimbi avait finalement été « formellement suspendu » de ses fonctions. Une ordonnance présidentielle devait prochainement officialiser sa mise à l’écart. Contacté par JA jeudi 27 février, Delphin Kahimbi nous avait répondu par message pour dénoncer « une affaire politique téléguidée depuis les capitales gérées par les impérialistes. »

Proche de l’ex-président Joseph Kabila, resté en fonction après l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, Delphin Kahimbi continuait à jouer un rôle central au sein de l’armée. Le général était jusque-là chargé des négociations sur les modalités du rapatriement des ex-combattants des M23 présents en Ouganda et au Rwanda.

En 2019, à la demande de François Beya, le conseiller sécurité de Tshisekedi, il avait conduit deux délégations à Kigali (en juillet puis en octobre) – où il avait ses entrées -, et une autre à Kampala (également en octobre). Le chef de l’État lui avait aussi confié la mission de convaincre les responsables rwandais, ougandais, burundais et tanzaniens de créer une coalition régionale contre les groupes armés présents dans l’est de la RDC.

Le maintien en fonction de Delphin Kahimbi, comme d’autres généraux congolais sous sanctions, avait été critiquée par la société civile et plusieurs partenaires internationaux de la RDC. Sa mise à l’écart, comme celle de deux généraux, Gabriel Amisi Kumba, alias « Tango Four », et John Numbi, était ainsi réclamée en coulisses par Washington. L’envoyé spécial des États-Unis pour les Grands Lacs, J. Peter Pham, s’était d’ailleurs rendu à Kinshasa du 10 au 13 février.

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