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Maroc : pour en finir avec les diplômés-chômeurs

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Face aux carences du système éducatif, des établissements privés voient le jour. Parmi eux, l'Université internationale de Rabat, qui souhaite former les jeunes à des métiers de plus en plus mondialisés.

Alors que le nombre de bacheliers marocains explose, l’université publique est en crise. Les familles l’ont compris, qui se tournent de plus en plus vers le secteur privé où, pensent-elles, leurs enfants auront plus de chances d’obtenir des diplômes de qualité, sésames pour l’emploi. Au premier rang de ces établissements recherchés, l’Université internationale de Rabat (UIR).

Partenariat public-privé

Si Noureddine Mouaddib, son président, s’est lancé en 2005 dans ce projet un peu fou de créer la première université en partenariat public-privé, c’est parce que « le Maroc vit un tsunami démographique que l’État n’a pas les moyens d’assumer », dit-il.

Le projet consistait à amener l’État et les partenaires institutionnels à investir dans cette université de pointe : 1,2 milliard de dirhams (près de 107 millions d’euros) ont ainsi été accordés, notamment par la Caisse des dépôts, le groupe Banque populaire, quelques compagnies d’assurances, deux caisses de retraite et l’État. Ces financements ont permis de bâtir aux portes de la capitale un campus qui accueille aujourd’hui 1 400 étudiants répartis dans huit unités (classes préparatoires, business et management, sciences politiques, électronique et télécoms, transport, énergie, langues et civilisations, architecture), autour de 50 enseignants-chercheurs marocains revenus de France, d’Allemagne, de Finlande, des États-Unis ou d’Asie.

« L’éducation doit être financée conjointement par l’État, le milieu professionnel et l’étudiant », affirme le président de l’UIR.

Miroir

Alors que l’université classique est aujourd’hui peu adaptée pour former les jeunes aux métiers globalisés de l’automobile, de l’aéronautique ou de l’électronique, l’UIR affiche clairement un profil international.

« Nous nous sommes donné pour mission d’épouser l’évolution vers un nouveau marché de l’emploi », explique Noureddine Mouaddib. L’UIR utilise par exemple les mêmes normes pédagogiques et les mêmes examens que Sciences-Po Grenoble, en France.

« C’est une formation miroir, souligne son président, car nos étudiants obtiennent un diplôme marocain et un diplôme étranger. » Et de s’enorgueillir d’être à la tête de la première université marocaine par le nombre de brevets déposés en trois ans (79, dont 8 à l’international).

L’établissement s’est d’ailleurs vu décerner, le 27 mai, le premier prix de l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale en matière de dépôt de brevets d’invention pour l’année 2013.

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Investissement

« On ne peut plus continuer à dire que l’éducation doit être gratuite, affirme encore Noureddine Mouaddib. C’est un investissement qui doit être financé conjointement par ses bénéficiaires, c’est-à-dire l’État, le milieu professionnel et l’étudiant. » Mais cette démarche constitue un investissement, car les frais de scolarité sont élevés : environ 7 000 euros par an. « C’est vrai, mais 400 de nos étudiants bénéficient d’une gratuité totale ou partielle. »

Finalement, Noureddine Mouaddib plaide urbi et orbi pour que l’UIR soit l’avant-garde d’une université rénovée que l’État libérerait de son joug, se contentant de contrôler la qualité de l’enseignement a posteriori. Son leitmotiv ? « Il faut libérer l’université. » Son ambition ? « Faire des émules. »

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