Politique économique

En RDC, le FMI s’inquiète des pressions sur les dépenses et de la faiblesse des recettes

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Mis à jour le 27 février 2020 à 18h18
Le palais du peuple à Kinshasa, qui abrite le Parlement congolais.

Le palais du peuple à Kinshasa, qui abrite le Parlement congolais. © Wikimedia/CC

Clôturant sa mission dans le pays, le Fonds monétaire internationale (FMI) se dit globalement satisfait, mais exprime des inquiétudes à l’issue de sa mission à Kinshasa sur le programme de référence approuvée avec le gouvernement.

Une équipe d’experts du FMI, dirigée par Mauricio Villafuerte son responsable Afrique, s’est rendue à Kinshasa du 19 au 25 février pour discuter de l’évolution du programme de référence approuvé en décembre dernier, mettre à jour le cadre macroéconomique et discuter des conclusions de la récente évaluation des sauvegardes de la banque centrale.

La mission du FMI note notamment, que l’exécution du budget 2020 jusqu’à mi-février soulève des inquiétudes liées aux pressions sur les dépenses et à la faiblesse des recettes, qui ont entraîné de nouvelles avances de la Banque centrale du Congo (BCC) au gouvernement et l’érosion de ses réserves en devises.

La banque centrale n’a pas vocation de financer le gouvernement

Fin janvier, le solde négatif de 114 milliards de francs congolais (50,7 millions d’euros) a été couvert par la souscription aux bons de trésor de 42 milliards de francs congolais et des avances de la Banque centrale du Congo de 94 milliards de francs congolais, détaille le ministère de Finances.

Pour Philippe Egoumé, représentant du FMI à Kinshasa, la Banque Centrale du Congo n’a pas vocation de financer le gouvernement. Elle a pour rôle de maintenir la stabilité macroéconomique et la stabilité interne (la vie interne et le taux de change). Le recours fréquent aux avances de la banque centrale ont pour conséquence la réduction des réserves de change. Si ces réserves baissent à une semaine d’importation, la banque centrale ne sera en mesure de stabiliser la monnaie, a-t-il souligné.

Le pire a été évité entre janvier et mi-février

La deuxième semaine du mois de février a connu une inflation de 0,102 % au niveau national et 0,097 % à Kinshasa, indique l’Institut national de la statistique (INS). Une inflation attribuée à l’augmentation de prix des biens et services sur le marché. En cumul, cette l’inflation a atteint 0,659% au niveau national et 0,681 % à Kinshasa.

Pour stabiliser les prix, la banque centrale a dû intervenir en injectant beaucoup de devises en dollars sur le marché de change, afin de retirer la masse monétaire de francs en circulation, après paiement des agents et fonctionnement, souligne une source de la banque centrale.

En injectant des devises sur le marché, les réserves de la banque centrale ont baissé. Ces devises ne peuvent être inférieures à trois mois d’importation, sinon la banque ne saura jouer son rôle de maintenir la stabilité.

Objectifs quantitatifs atteints

Toutefois, les données préliminaires du rapport du FMI soulignent que tous les objectifs quantitatifs et repères structurels à fin décembre 2019, dans le cadre du programme de référence, ont été atteints. Jusqu’à présent, la situation macroéconomique est restée relativement stable, souligne le communiqué de la mission du FMI.

Pour éviter tout recours aux avances de la banque centrale, la mission a recommandé au gouvernement de mobiliser davantage des recettes publiques. Elle a salué les mesures prises par les autorités pour contenir les dépenses à l’avenir et les a exhorté à intensifier la mobilisation des recettes.

Le programme de référence entre le gouvernement congolais et le FMI court jusqu’à mai 2020. C’est à l’issue de ce programme test que la conclusion d’un accord formel avec le FMI sera envisageable.

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