Politique

Joseph Kabila sous pression de l’UA et des États-Unis

Réservé aux abonnés | | Par - à Kinshasa
Mis à jour le 26 février 2020 à 17h46
Joseph Kabila, lors de l'investiture deFélix Tshisekedi, le 24 janvier 2019.

Joseph Kabila, lors de l'investiture deFélix Tshisekedi, le 24 janvier 2019. © Jerome Delay/AP/SIPA

En moins de deux semaines, l’Union africaine, le Royaume-Uni et les États-Unis ont envoyé des émissaires chez Joseph Kabila. Avec un objectif : convaincre l’ancien président congolais de laisser plus de marge de manœuvre à Félix Tshisekedi, son successeur.

C’est Paul Akwright qui a ouvert le ballet diplomatique. Le 14 février, le chargé d’affaires de la Grande-Bretagne en RDC, a rencontré Joseph Kabila. Le lendemain, c’était au tour de Peter Pham, l’envoyé spécial des États-Unis dans la région des Grands Lacs, de serrer à son tour la main de l’ancien président congolais. Et ce lundi, c’était au tour de Smaїl Chergui, à la tête de la Commission de l’Union africaine pour la paix et la sécurité d’être reçu au domaine de Kingakati.

La coalition FCC-Cach

À chacune de ces visites, les sujets au centre des discussions ont été les mêmes : les questions sécuritaires, le rôle prépondérant de Joseph Kabila sur la scène politique congolaise, et, donc, la marge de manœuvre dont dispose le président congolais Félix Tshisekedi dans le cadre de la coalition entre le Cap pour le changement, sa coalition, et le Front commun pour le Congo, celle de son prédécesseur.

Pour Paul Arkwright, qui fait office de représentant du Royaume-Uni à Kinshasa depuis le départ de l’ambassadeur John Murton en novembre dernier, c’était la première rencontre officielle avec Joseph Kabila. Les deux hommes ont « discuté de la coalition FCC-CACH et des « défis de la RDC et de l’importance d’apporter des bénéfices au peuple Congolais », selon le compte twitter du diplomate britannique.

Des termes proches de ceux mis en avant à l’issue de la rencontre de Kabila avec Peter Pham, l’envoyé spécial des États-Unis dans les Grands Lacs, qui ont notamment évoqué « les obstacles qui entravent la paix, la prospérité et l’État de droit ». À en croire l’envoyé de Washington, la discussion a été « franche et approfondie ».

Quant à Smaïl Chergui, qui avait rencontré Félix Tshiekedi la veille de son entretien avec Joseph Kabila, il a assuré avoir été « très heureux » de cette rencontre qui a permis « d’analyser les derniers développements en RDC et dans les Grands Lacs ».

Le Commissaire de l’Union africaine pour la paix et la sécurité  a également salué, dans un tweet publié à l’issue de la rencontre, la « disponibilité renouvelée » de l’ancien président congolais à « travailler avec le président Tshisekedi pour la réussite de la coalition au service de la RDC ».

Persuader Kabila de « faire des concessions »

« La voie est ouverte », se félicite une source diplomatique occidentale contactée par Jeune Afrique, qui a tenu à conserver l’anonymat. L’objectif de ces rencontres est notamment de « tenter de persuader Joseph Kabila de faire des concessions pour permettre à Félix Tshisekedi de renforcer son leadership ».

Et le contexte politique de ces dernières semaines, qui a vu le climat se tendre entre les partisans de Joseph Kabila et ceux de Félix Tshisekedi, a également poussé les chancelleries à accélérer le mouvement. Il s’agit « d’exercer des pressions » sur Kabila « avant que la situation ne devienne difficilement « maîtrisable » », confie notre source.

Dans l’entourage de l’ancien président congolais, l’analyse est sensiblement différente. « Ce ballet diplomatique autour de Joseph Kabila traduit également la reconnaissance des limites de marge de manœuvre dont dispose Félix Tshisekedi pour concrétiser les aspirations suscitées tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays », glisse un de ses proches.

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