Politique

Guinée-Bissau – Domingos Simões Pereira : « Entre Umaro Sissoco Embaló et moi il n’y a rien à discuter »

Domingos Simões Pereira, lors de la campagne présidentielle bissau-guinéenne, le 21 novembre 2019.

Domingos Simões Pereira, lors de la campagne présidentielle bissau-guinéenne, le 21 novembre 2019. © REUTERS/Christophe Van Der Perre

Entretien avec Domingos Simões Pereira, qui a saisi la Cour suprême pour contester l’élection d’Umaro Sissoco Embaló à la présidentielle du 29 décembre, et demande un recomptage des voix. Au passage, il n’épargne pas son adversaire.

Près de deux mois après l’élection présidentielle, le palais de la Place des Héros de la Nation attend toujours son nouveau locataire. Le contentieux opposant Umaro Sissoco Embaló, déclaré vainqueur par la Commission électorale nationale (CNE) avec 53,55% des voix, à son rival Domingos Simões Pereira, dit « DSP », tarde de fait à être purgé.

Au cœur de l’impasse : un quiproquo institutionnel opposant la Cour suprême à la CNE. Cette dernière, plusieurs fois sommée par la Cour de procéder à la vérification de l’ensemble des procès-verbaux, répète s’y être conformée, maintenant les résultats proclamés le 1er janvier. Dans une lettre adressée à la Cedeao le 17 février, la CNE a indiqué qu’elle « ne pouvait plus rien faire ».

Une position que conteste Domingos Simões Pereira, patron du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), parti majoritaire à l’Assemblée nationale populaire. L’ancien Premier ministre demande un recomptage des voix pour sortir de l’impasse. Et tacle au passage son adversaire.

Jeune Afrique : Près de deux mois après le scrutin, l’impasse persiste. Comment parvenir à une solution, selon vous ? 

Domingos Simões Pereira : Les résultats doivent être clarifiés. Après le refus de la CNE d’apporter des explications sur le dépouillement des résultats, nous avons saisi la Cour suprême. Celle-ci a statué et demandé de reprendre le dépouillement.

Selon la loi bissau-guinéenne, ce processus ne peut être interrompu. C’est-à-dire que lorsque le décompte des voix débute dans les bureaux de vote, il ne peut s’arrêter qu’au moment où le procès-verbal national est établi. C’est sur la base de ce document que le président de la CNE annonce les résultats.

À partir du moment où la CNE dit qu’elle a failli dans la démarche d’établir la compilation nationale des résultats, elle doit recommencer ab initio. Ab initio, cela signifie recompter les voix. Les autorités ont dit que cela prendrait 48 heures.

Quelle est la difficulté de recompter pour annoncer à tous les Bissau-Guinéens qui est celui qu’ils ont vraiment choisi ? La CNE s’y refuse. Elle dit, tout en reconnaissant avoir fait une erreur, qu’elle a déjà tranché et qu’elle ne reviendra pas sur le nom du vainqueur prononcé le 1er janvier.

Il est surprenant que la CNE préfère s’adresser à la Cedeao plutôt qu’à la Cour suprême

Face au blocage, la CNE s’est tournée vers la Cedeao, médiatrice historique en Guinée-Bissau. L’organisation régionale peut-elle dénouer la crise ?

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