Politique

Soudan du Sud : Salva Kiir et Riek Machar prêts à former un gouvernement d’union nationale

Le président sud-soudanais Salva Kiir (à droite) et le chef rebelle Riek Machar (à gauche) se serrent la main lors d'une rencontre à Juba, le 19 octobre 2019.

Le président sud-soudanais Salva Kiir (à droite) et le chef rebelle Riek Machar (à gauche) se serrent la main lors d'une rencontre à Juba, le 19 octobre 2019. © AFP - Alex McBride

Le président sud-soudanais Salva Kiir et le chef rebelle Riek Machar se sont entendus jeudi pour créer un gouvernement d’union nationale d’ici samedi, après six années de guerre civile.

« Nous sommes convenus de former le gouvernement dans deux jours, le 22 février. Nous discutons encore sur d’autres questions et j’ai confiance que nous parviendrons à une solution », a déclaré Riek Machar.

Salva Kiir a confirmé que les deux hommes s’étaient entendus pour gouverner ensemble, après deux précédentes tentatives qui s’étaient soldées par des échecs.

C’est l’accusation d’avoir fomenté un coup d’État portée par Salva Kiir, un Dinka, à l’encontre de Riek Machar, son ex-vice-président, membre de l’ethnie nuer, qui est à l’origine du déclenchement de la guerre civile en décembre 2013.

Et en juillet 2016, une autre expérience de gouvernement d’union avait pris fin abruptement quand de violents combats avaient opposé leurs troupes à Juba.

Accord de paix de 2018

Salva Kiir a annoncé qu’il allait dissoudre jeudi le gouvernement actuel et nommer vendredi Riek Machar à l’un des postes de vice-président, comme le prévoit l’accord de paix conclu en septembre 2018 à Addis Abeba.

« En tant que président, je nommerai les vice-présidents et je commencerai en nommant Riek demain matin (vendredi). Je dissoudrai le gouvernement aujourd’hui (jeudi) et un nouveau gouvernement sera formé le 22 », a-t-il déclaré.

La formation d’un gouvernement d’union nationale était le point clé de l’accord de paix de 2018.

Les deux précédents échéances pour former ce gouvernement n’avaient pas été respectées, des désaccords persistant sur la création d’une armée nationale unifiée, le nombre d’États régionaux et les garanties portant sur la sécurité de Riek Machar.

Le président Kiir a annoncé jeudi que ses hommes seraient en charge de la sécurité de la capitale, ainsi que de celle de Riek Machar.

Il a appelé les quelque 190.000 personnes qui vivent toujours dans des camps placés sous protection de l’ONU dans tout le pays à rentrer chez elles, car une « nouvelle ère de paix est arrivée ».

Pression internationale

Le conflit a fait en six ans plus de 380.000 morts et provoqué une crise humanitaire catastrophique.

L’annonce de jeudi fait suite à des mois de pression internationale, en particulier de Washington, qui s’est félicité jeudi de « l’engagement fort pris par le Dr Machar ».

Des experts ont mis en garde contre la formation d’un gouvernement d’union nationale sans que les problèmes en suspens aient été aplanis, estimant que cela mènerait une fois de plus au désastre.

Des soldats gouvernementaux et rebelles démobilisés ont été rassemblés dans des casernes de fortune pour ébaucher une armée nationale censée compter à terme 83.000 hommes.

Mais l’entraînement lui-même n’a pas encore commencé, les dizaines de millions de dollars requis n’ont pas été déboursés par le gouvernement, et des milliers de soldats sont donc cantonnés sans approvisionnement suffisant en eau et en nourriture.

Découpage territorial

La question centrale du nombre d’États régionaux est aussi en suspens. La rébellion a rejeté dimanche la proposition de Salva Kiir de revenir à un système fédéral de 10 États, au lieu de 32, plus trois « zones administratives » (Ruweng, Pibor et Abyei).

Riek Machar a décliné ce qui était perçu comme une concession du président, favorable jusque-là aux 32 États, en contestant le statut proposé de Ruweng, une région essentielle pour la production de pétrole.

Mais le Parlement sud-soudanais a adopté jeudi un amendement incorporant à la Constitution ce nouveau découpage.

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