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Enregistrer ou pirater

Par - P.S.
Mis à jour le 21 janvier 2003 à 09:38

Quand tous les acteurs sont d’accord, un produit grand public se vend bien. À l’inverse, si un intervenant résiste, plusieurs technologies sont proposées au consommateur, qui tarde à s’équiper. Tel est le scénario qui s’applique aux outils d’enregistrement des DVD. Le cinéma répugne à s’y intéresser par crainte du piratage. Le numérique permet en effet un nombre infini de copies sans altération de qualité. À quoi les électroniciens répondent : la possibilité d’enregistrer a enraciné le magnétoscope dans les usages, il doit en être de même pour le DVD. Résultat, plusieurs solutions s’affrontent. La plus utilisée sera adoptée par les constructeurs.
Sur trois pistes actuellement explorées, l’enregistreur DVD de salon paraît tenir la corde. Les prix ont singulièrement baissé en un an, de 2 200 euros à moins de 1 000 euros pour le modèle Philips 890. Le groupe néerlandais est associé à certains confrères, comme Sony, et à des informaticiens (Dell, Hewlett-Packard et Ricoh) pour promouvoir le DVD ReWritable (RW). Il s’adapte à un téléviseur ou à un ordinateur pour stocker des données. Le français Thomson, qui fait partie de cette alliance, mise pour le moment sur l’enregistrement de haute qualité en circuit fermé, grâce à un lecteur DVD complété par un disque inamovible, identique au disque dur d’un PC. Le troisième challenger est issu du monde de l’informatique. Il s’agit du DIVX, méthode de compression des images qui permet d’enregistrer le contenu d’un DVD sur un CD. La qualité en pâtit quelque peu, mais le résultat est bien meilleur qu’avec une cassette vidéo traditionnelle. Les internautes sont de plus en plus nombreux à utiliser ce format qui leur permet d’échanger des films, comme il y a quelques années le MP3 leur permettait d’échanger des titres musicaux. Le MP3 est à l’origine de la production de plusieurs centaines de millions de CD pirates par an… Hollywood ferait bien de se méfier !