Start-up

Sendy s’installe sur le marché est-africain de la livraison

Réservé aux abonnés | | Par - à Nairobi
Mis à jour le 17 février 2020 à 17h58
L'obligation de transport ferroviaire des containers entre Mombasa et Nairobi a bouleversé le secteur de la logistique au Kenya.

L'obligation de transport ferroviaire des containers entre Mombasa et Nairobi a bouleversé le secteur de la logistique au Kenya. © Khalil Senosi/AP/SIPA

Avec le soutien du japonais ToyotaTsusho Corporation, la start-up kényane spécialisée dans la logistique vient de boucler une levée de fonds de 18 millions d’euros.

« Nous sommes heureux d’annoncer une levée de fonds de 2 milliards de shillings kényans (18,2 millions d’euros) soutenue par Toyota Tsusho Corporation et d’autres investisseurs. » La déclaration, en janvier, de Meshack Alloys, PDG de l’entreprise de transport Sendy Limited, marque la fin d’une opération de financement qui doit permettre à la start-up de s’étendre en Afrique de l’Est.

En cinq ans, la plateforme Sendy, qui met en relation des conducteurs et des donneurs d’ordre, pour effectuer des livraisons, a transporté plus de 2,7 millions d’euros de valeur et enregistré quelques 30 000 utilisateurs. « Il s’agissait à l’origine de commander des petites livraisons, à moto ou en 3-roues. La start-up s’est ensuite étoffée pour proposer une autre échelle de livraison », commente Vanessa Evans, membre du Conseil des transporteurs d’Afrique de l’Est.

Sur ordinateur ou sur mobile, il est aujourd’hui possible aux particuliers comme aux multinationales de commander en deux clics un scooter, une voiture ou un 28 tonnes. Qui possède un véhicule peut proposer ses services en direct via l’application et permettre le transport d’un point A à un point B. Sendy, qui prélève un pourcentage sur chaque trajet, compte quelque 5 000 véhicules inscrits, pour lesquels elle facilite l’assurance des conducteurs, le financement, l’entretien et l’approvisionnement en carburant.

Unliever et DHL parmi les clients

Fondée par Meshack Alloys, Avanson Biwott, Don Okoth et Malaika Judd, l’entreprise a ouvert des bureaux au Kenya, en Tanzanie et plus récemment en Ouganda et compte parmi ses clients de grands noms comme Unilever, DHL, Toyota, Jumia, Safaricom ou CFAO.

La levée de fonds en série B doit lui permettre de s’étendre sur d’autres marchés africains d’ici 2021, d’augmenter sa base de clients et le nombre de ses employés, ainsi que de mettre à jour ses logiciels. Il s’agira notamment d’optimiser les camions et de mettre en place des centres de services pour les véhicules, en partenariat avec TTC, a  confié Meshack Alloys au site d’actualités technologiques Techcrunch. Outre la filiale diversifiée du groupe japonais Toyota, le capital-investisseur Atlantica Ventures est l’un des principaux acteurs de cette levée de fonds.

« Ce financement va nous aider à faciliter le commerce en Afrique », assure dans un communiqué de presse Meshack Alloys, qui évoque un secteur « cher » à cause d’une logistique « fragmentée, peu fiable et inaccessible ». Le fret routier entre Mombasa et Kampala (Rwanda) par exemple coûte en moyenne 2 063 euros et prend 10,7 jours, selon un sondage réalisé en 2016 pour le Conseil des transporteurs d’Afrique de l’Est. Le secteur doit aussi faire face çà de nombreux défis, parmi lesquels « la sécurité, le mauvais état des routes, le manque de respect des règles de conduite, et la qualité de certains opérateurs dans la section poids lourds », énumère Vanessa Evans.

Un secteur bouleversé par l’arrivée du train

L’activité de Sendy au Kenya a été boostée par l’arrivée de la liaison ferroviaire entre Mombasa et Nairobi, en 2017, et l’obligation faite par le gouvernement, mi-2018, de faire passer par le train tous les containers arrivés par cargo.

« Cette décision a vraiment changé la face de la logistique poids lourd dans le pays », relate Vanessa Evans qui, outre son activité au Conseil des transporteurs d’Afrique de l’Est, pilote Rongai Transporter. Soudain est apparu un besoin en trajets courts depuis le chemin de fer à Nairobi, pour desservir la zone industrielle de la capitale. » Une brèche dans laquelle s’est engouffrée Sendy, mais aussi d’autres nouvelles plateformes logistiques.

Et la concurrence est rude. Lori System a mené en novembre dernier une levée de fonds de 30 millions de dollars soutenue par des investisseurs chinois et Kobo360 a récolté 20 millions de dollars, en partie grâce à Goldman Sachs, au second semestre 2019.

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