Justice

Rwanda : l’arrestation du chanteur Kizito Mihigo confirmée

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Mis à jour le 17 février 2020 à 09h46
Kizito Mihigo, en 2012.

Kizito Mihigo, en 2012. © Creative Commons / Wikipedia / Tellonce

Le chanteur rwandais Kizito Mihigo a été arrêté jeudi alors qu’il tentait de se rendre au Burundi. Il est actuellement détenu par le Rwanda Investigation Bureau et pourrait retourner en prison pour avoir violé les conditions de sa libération anticipée.

Kizito Mihigo, 38 ans, pourrait très bientôt retourner en prison. Selon nos informations le chanteur âgé de 38 ans a bien été arrêté jeudi 13 février dans le district de Nyaraguru, dans le sud du Rwanda, alors qu’il tentait de se rendre au Burundi. Il aurait été arrêté en compagnie d’un autre individu après avoir été repéré par deux fermiers.

Il est actuellement détenu par le Rwanda Investigation Bureau, qui l’accuse d’avoir tenté illégalement de traverser la frontière avec l’intention de rejoindre des rébellions armées. Il est également soupçonné d’avoir tenté de soudoyer les deux fermiers qui l’ont reconnu.

Célèbre musicien rwandais – il a contribué à la composition du nouvel hymne national, en 2001, et avait créé une fondation pour promouvoir la paix et la réconciliation à son retour au Rwanda – Kizito Mihigo a longtemps été considéré comme un proche du régime. Mais en 2014, à quelques mois des commémorations du génocide commis contre les Tutsi du Rwanda, l’artiste publie une chanson – Igisobanuro cy’Urupfu (La Signification de la mort) – qui déclenche une forte polémique, le titre étant accusé de mettre sur un pied d’égalité le génocide et les actes de vengeance commis contre les Hutu.

Libération sous condition

Arrêté en avril 2014, il est alors accusé « d’entente en vue de commettre un assassinat, de complicité dans un acte terroriste et de conspiration contre le gouvernement ». Kizito Mihigo a été jugé aux côtés de trois co-accusés : Cassien Ntamuhanga, Jean-Paul Dukuzumuremyi, et Agnes Niyibizi.

Le chanteur avait plaidé coupable et avait été condamné le 27 février 2015 à dix ans de prison pour « conspiration contre le gouvernement rwandais ».

Il lui était reproché d’entretenir des liens avec les FDLR et le Rwanda National Congress (RNC) de Kayumba Nyamwasa, ancien général rwandais aujourd’hui en exil en Afrique du Sud, dans le but de préparer des attentats pour venger la mort de Patrick Karegeya, l’autre fondateur du RNC retrouvé mort étranglé à Johannesburg début 2014. Le procès fait à l’époque polémique et déclenche de nombreuses réactions d’ONG, dont la FIDH.

Le 14 septembre 2018, Kizito Mihigo avait bénéficié, comme l’opposante Victoire Ingabire et plusieurs autres prisonniers, d’une libération anticipée sur décision du président rwandais Paul Kagame. Il était depuis soumis aux mêmes conditions que cette dernière, parmi lesquelles l’obligation de se présenter une fois par mois au bureau du procureur et de demander l’autorisation du
ministre de la Justice chaque fois qu’il souhaite sortir du pays. Des conditions qu’il n’aurait donc pas respecté.

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