Conso & Distribution

Querelle médiatique entre Moulay Hafid Elalamy et le turc BIM, à la veille de la révision de l’ALE

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Mis à jour le 13 février 2020 à 16h26
Moulay Hafid Elalamy, ministre marocain de l'Industrie.

Moulay Hafid Elalamy, ministre marocain de l'Industrie. © Jean-Michel Ruiz/CAIF pour JA

Après les menaces de fermeture de Moulay Hafid Elalamy, les responsables de la chaîne de distribution discount turque BIM, répondent. Une bataille médiatique qui précède la révision de l’accord de libre-échange entre les deux pays.

Avant même que les négociations ne commencent entre le Maroc et la Turquie pour la révision de l’accord de libre-échange (ALE), les tensions montent entre les deux pays. Après son passage assez remarqué devant les parlementaires de la première chambre le 10 février, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moulay Hafid Elalamy (MHE) s’est retrouvé dans un conflit médiatique avec le géant turc de la distribution présent au Maroc, BIM.

« Si les produits vendus ne sont pas marocains à 50 % au minimum, nous allons empêcher cette chaîne (BIM) de continuer » , a lâché l’homme d’affaires et ministre du Commerce. Pour justifier cette position, MHE explique que les commerçants locaux du circuit traditionnel de distribution souffrent de la concurrence avec BIM.

Ils seraient 60 à fermer boutique à chaque fois qu’un magasin de l’enseigne turque ouvre dans un quartier. Le ministre a ajouté qu’il avait pris les devants en convoquant « le représentant de la marque au Maroc » pour lui demander une augmentation de la part locale des produits vendus dans les points de vente marocains.

85 % de produits achetés au Maroc

Une sortie qui n’a pas tardé à faire réagir les dirigeants du groupes. Dans une déclaration accordée à Reuters, le directeur financier de BIM, Haluk Dortluoglu, a en effet rétorqué : « depuis la Turquie, nous n’envoyons que 15 % environ de nos produits au Maroc. 85 % d’entre eux sont achetés auprès de producteurs locaux ». Avant de poursuivre :« nous avons augmenté les achats auprès des producteurs locaux au Maroc au fil du temps et continuerons de le faire ».

Le groupe a réalisé 250 millions de dirhams de chiffre d’affaires au Maroc au 30 septembre 2019

À noter toutefois qu’acheter 85 % localement ne signifie pas forcément qu’il s’agisse de produits marocains.

Le dirigeant turc précise que BIM emploie près de 3 000 personnes, dont une majorité de Marocains dans les quelque 500 magasins de la chaîne implantés dans le royaume. Le groupe réaliserait, selon la même source, un chiffre d’affaires d’environ 250 millions de dirhams (23,7 millions d’euros) au Maroc sur les neuf premiers mois de l’année dernière, soit 5 % de ses revenus globaux de 4,93 milliards de dollars (4,54 milliards d’euros).

BIM déficitaire

Implantée au Maroc depuis 2009, la marque turque a connu un rythme de croissance assez soutenu. Elle ouvre en moyenne chaque année 50 points de vente.

Spécialiste du hard-discount, le groupe casse les prix, ce qui nécessite un volume d’affaires important pour trouver un équilibre. D’ailleurs, selon les derniers chiffres disponibles, et qui datent de fin 2017, la filiale marocaine de BIM est encore déficitaire.

Après cet épisode mouvementé, les négociations pour le nouvel accord de libre-échange s’annoncent elles aussi d’être houleuses. Pour rappel, la partie turque vient d’accepter une révision de l’accord signé en 2004, et ce afin qu’il soit mutuellement bénéfique.

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