Finance

[Classement] Où investir en Afrique en 2020 ?

La bourse du Caire, en mars 2013 (Illustration).

La bourse du Caire, en mars 2013 (Illustration). © Amr Nabil/AP/SIPA

Dans son rapport « Où investir en Afrique en 2020 », la banque sud-africaine Rand Merchant Bank (RMB) recense pour la première fois la Somalie dans son classement, le Maroc surclasse l’Afrique du Sud et le Sénégal décrocherait le ruban bleu de la croissance entre 2019 et 2024.

Le rapport « Où investir en Afrique en 2020 » foisonne de classements réalisés à partir des statistiques d’organismes multilatéraux, d’agences de notation et d’instituts de recherche privés. Ces sources ont permis à la banque sud-africaine d’établir un top 10 des pays les plus séduisants pour les investisseurs. Dans l’ordre on retrouve, l’Égypte, le Maroc, l’Afrique du Sud, le Kenya, le Rwanda, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Nigeria, l’Éthiopie et la Tunisie.

En queue de peloton viennent le Soudan du Sud, le Liberia, le Burundi, la Somalie et la Guinée équatoriale.

Le Maroc gagne du terrain

Il faut noter que certains pays gagnent du terrain d’une année sur l’autre, notamment Djibouti (10 places gagnées), le Mozambique (8 places), la Guinée (7 places), la Mauritanie, le Niger et le Togo (5 places). Certains rétrogradent sévèrement comme le Soudan (11 places perdues), la Tanzanie et la Libye (8 places).

La surprise vient de la présence d’un des champions de la croissance parmi ces perdants, l’Éthiopie (5 places perdues) et la rétrogradation de l’Afrique du Sud de la deuxième à la troisième place, le Maroc l’ayant surclassée.

Si l’on décompose les différents éléments du classement général, l’ordre est un peu bouleversé. Prenons la liste des pays qui croîtront le plus entre 2019 et 2024. C’est le Sénégal qui arrive en tête avec un taux de croissance moyen de 8,2 % devant le Rwanda (+7,8 %) et l’Éthiopie (+7,2 %).

Meilleur climat des affaires

« Où est-il le plus facile de faire des affaires ? » se demande le rapport. Pour répondre, ses auteurs ont compilé le rapport Doing Business de la Banque mondiale, l’Index de perception de la corruption de Transparency International, l’Indice de liberté économique d’Heritage Foundation et le Rapport sur la compétitivité mondiale du Forum économique mondial (WEF).

Là encore, Djibouti a fourni le plus d’efforts, mais les Top 10 où le business est le plus aisé restent : Maurice, le Rwanda, le Botswana, les Seychelles, le Maroc, l’Afrique du Sud, la Tunisie, la Namibie, le Kenya et le Cap Vert. Les dix pays les plus problématiques pour les entrepreneurs demeurent le Tchad, la Centrafrique, le Soudan, la Guinée Bissau, le Congo, la Guinée équatoriale, l’Érythrée, la Somalie, la Libye et le Soudan du Sud.

Le rapport cite ainsi l’Érythrée comme le pays où le climat des affaires se détériore le plus année après année, en raison notamment d’une intervention excessive du gouvernement dans l’économie.

L’Afrique du Sud boudée depuis plusieurs années

Le rapport propose des classements alternatifs. Si l’on privilégie l’activité économique, l’Égypte et le Maroc demeurent en tête. Si le climat des affaires est dominant, le Maroc passe devant l’Égypte. Si l’on prend en compte les risques socio-politiques, l’Afrique du Sud est première et Maurice, deuxième.

La liste la moins convaincante est celle des pays qui attirent le plus de capitaux étrangers, car les statistiques sur lesquels elle est fondée sont dépassés (2017) et peu probants (prise en compte du nombre et non du montant des projets). Cela fait quelques années que l’Afrique du Sud n’est plus la destination préférée des investisseurs étrangers sur le continent, alors que le rapport semble prétendre le contraire.

Le rapport soupèse les potentialités des 54 pays africains dans de nombreux domaines. En matière de mines, le Botswana, le Ghana et l’Afrique du Sud sont les plus sûrs. Les pays qui semblent les plus déterminés à moderniser leur agriculture sont le Rwanda, le Mali et l’Éthiopie. Ceux dont les consommateurs dépensent le plus sont le Nigeria (135 milliards de dollars), l’Égypte (54 milliards) et l’Algérie (45 milliards) et ceux dont les consommateurs se tournent le plus vers les produits non-essentiels sont Maurice, l’Égypte et le Maroc.

L’émergence d’une classe moyenne, une meilleure régulation bancaire et l’emploi de nouvelles technologies ont surtout amélioré les systèmes financiers du Rwanda, de la Gambie et du Sénégal. Dans le domaine du bâtiment et des travaux publics, ce sont l’Égypte, le Kenya et l’Éthiopie qui ont le plus de projets.

Le rapport RMB se conclut par une fiche d’identité sur chacun des 54 pays répertoriés où l’on retrouve ses caractéristiques macro-économiques et la note qu’il obtient en matière d’attractivité. Y figure aussi le principal handicap qui pénalise la vie des entreprises. En Égypte, c’est l’instabilité politique qui sévit, au Maroc et en Afrique du Sud, la corruption.

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