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Cet article est issu du dossier «Au Maroc, une libéralisation du crédit pour booster l'entrepreneuriat»

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Banque

Maroc : entrepreneuriat et accès au crédit, mode d’emploi

Ministère marocain des Finances

Ministère marocain des Finances © Ministère marocain des Finances

Le très ambitieux programme d’appui et de financement aux TPE et PME vient d’entrer en vigueur au Maroc et attire l’intérêt des porteurs de projet. Mais ces derniers ne savent pas toujours à quel interlocuteur s’adresser. Jeune Afrique a fait le point.

À peine lancé, le programme intégré d’appui et de financement aux TPE et PME suscite déjà l’intérêt. Alors que le ministère estime qu’une population d’un million de personnes est susceptible d’être intéressée par le programme, les porteurs de projet « se sentent un peu perdus » entre les banques, la Caisse centrale de garantie (CCG) et les Centres régionaux d’investissement, explique une conseillère client opérant dans l’un des centres d’affaires dédiés aux TPE du groupe Attijariwafa Bank à Casablanca.

Cette dernière précise que depuis l’annonce du programme, elle reçoit quotidiennement des jeunes, et des moins jeunes, curieux de connaître les détails de ce programme et désireux d’en savoir plus sur la procédure à suivre.

Pour répondre à cet afflux de demandes, les banques organisent des séminaires et formations pour mettre à niveau l’ensemble de leur réseau à travers les 12 régions du pays. Mais il n’y a pas un circuit type pour tous les dossiers. « L’organisme à voir dépend du stade de constitution du dossier ou de l’idée », indique Zouhair Chorfi, le secrétaire général du ministère des Finances, qui prépare de son côté une large campagne de communication sur le sujet, avec la participation des banques.

  • Business plan déjà monté : l’interlocuteur sera la banque

Si le porteur de projet est capable d’élaborer un dossier de crédit présentant un business plan convaincant, il peut se présenter directement à la banque de son choix. « Le dossier sera examiné comme nous le faisions précédemment », nous explique notre interlocutrice chez Attijariwafa Bank. Le candidat n’aura alors aucun contact direct avec la CCG. C’est la banque qui, après avoir jugé le dossier suffisamment solide, ira chercher la garantie nécessaire auprès de l’organisme dirigé par Hicham Serghini. La CCG supportera, pour rappel, 80 % du risque contre 20 % pour les banques dans le circuit traditionnel.

  • Besoin d’une aide à la constitution du dossier : l’interlocuteur sera le Centres régional d’investissement

Dans un souci d’égalité des chances, le département des finances a prévu un autre dispositif pour épauler les entrepreneurs qui le souhaitent au moment de la constitution de leur dossier. Un partenariat est en train d’être étudié avec des comptables agréées et des cabinets fiduciaires, qui seront chargés de challenger les idées proposées et voir comment les rendre bankables. Ces prestataires externes seront rémunérés par l’état sur le base du nombre de dossiers dans lesquels ils auront participé.

Les 12 centres régionaux d’investissement (CRI), dans leur nouvelle configuration, seront les garants du bon déroulement du processus dans sa globalité. Le candidat trouvera dans chacun d’eux un guichet unique – qui sera installé dans les prochains jours – pour l’orienter. Selon nos informations, leur rôle sera de trouver les bons formateurs et de bien expliquer les contours de ce programme d’appui aux entrepreneurs. En outre, les CRI, placés sous l’autorité du ministère de l’Intérieur seront chargés d’assurer le suivi du programme et de rassembler les chiffres pour établir des indicateurs de performance.

  • Le projet est innovant : l’interlocuteur sera la plateforme rassemblant incubateurs et fonds d’investissements

Même s’ils peuvent s’adresser directement aux banques ou aux CRI, les porteurs de projets innovants pourront aussi solliciter une plateforme qui leur sera dédiée, et qui sera mise sur pied dans les prochains jours. L’objectif est de mettre en relation les start-upers avec des incubateurs et fonds d’investissements qui comprennent son langage et l’accompagneront dans sa demande auprès des banques.

Avant que le Roi ne leur demande de faire davantage d’efforts, les établissements bancaires n’avaient que très peu confiance dans les jeunes entrepreneurs. « Personnellement, il m’arrivait que rarement de donner à une TPE de bonnes nouvelles après une demande de crédit. Ça va changer dorénavant », avoue notre interlocutrice. Selon une étude du Haut commissariat au plan, face aux refus des banques, les TPE recourent dans 77,6 % des cas à l’autofinancement.

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