Politique

Accord de libre-échange Maroc-Turquie : entre renégociation et bras de fer politique

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Moulay Hafid Elalamy, lors de l'Africa CEO Forum à Abidjan, en 2016.

Moulay Hafid Elalamy, lors de l'Africa CEO Forum à Abidjan, en 2016. © Eric Larrayadieu/AFRICA CEO FORUM/J.A

Alors que le ministre du Commerce Moulay Hafid Elalamy est en plein pourparlers pour renégocier l’accord de libre-échange liant le royaume à la Turquie, le PJD entre en ligne pour se positionner en défenseur des intérêts d’Ankara. Explications.

Entre le Parti justice et développement (PJD) et son allié dans la coalition gouvernementale, le Rassemblement national des indépendants (RNI), quasiment tout est sujet de discorde. Dernière démonstration en date, les échanges autour de la renégociation des termes de l’accord de libre-échange (ALE) entre le Maroc et la Turquie.

Si le ministre de l’Industrie et du Commerce, le Rniste Moulay Hafid Elalamy, se montre intraitable sur la nécessité de réviser cet accord, le groupe parlementaire du parti islamiste ne l’entend pas de cette oreille.

Le match PJD vs. RNI

Dans l’hémicycle, le député Driss Azami a plaidé ouvertement pour le maintien de cet accord. Et même quand le responsable gouvernemental avance l’argument du déficit commercial abyssal (1,2 milliard de dollars) causé par cet accord et la faiblesse des investissements turcs au Maroc (moins de 1% des IDE), l’élu islamiste rejette la faute sur les entreprises marocaines, peu compétitives selon lui.

Surtout, Azami fait endosser la responsabilité de cet accord au RNI. En effet, c’est un ministre de cette formation politique – Rachid Talbi Alami – qui l’avait ratifié en 2004, alors qu’il était en charge du département du Commerce extérieur.

Les termes actuels de l’ALE ont fait des ravages dans certains secteurs productifs au Maroc

Cette position du PJD – qui partage bien plus que le nom du parti avec la formation islamiste de Recep Tayyip Erdogan – pourrait peser dans les négociations engagées par Moulay Hafid Elalamy afin de décrocher « un accord mutuellement bénéfique ».

Perte d’emplois dans le textile

Pourtant, les termes actuels de l’ALE ont fait des ravages dans certains secteurs productifs au Maroc. Entre 2014 et 2017, la perte d’emplois dans le secteur du textile, déjà en souffrance, a plus que doublé pour atteindre 44 000 postes.

Les opérateurs du textile, qui expliquent cette situation principalement par l’envahissement du marché marocain par les articles d’habillement turcs, ont d’ailleurs remis au ministre de tutelle un mémorandum regroupant leurs revendications.

Dans le collimateur d’Elalamy, on trouve aussi BIM, la chaîne de distribution turque. Selon le ministre, elle « ne vend que peu de produits marocains et cause la fermeture de plusieurs commerces de

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