Justice

Algérie : 20 ans de prison requis en appel contre Saïd Bouteflika et ses co-accusés

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 10 février 2020 à 16h33
L'ancien président algérien Abdelaziz Bouteflika lors de sa réélection le 10 avril 2009, conduit par son petit frère Saïd.

L'ancien président algérien Abdelaziz Bouteflika lors de sa réélection le 10 avril 2009, conduit par son petit frère Saïd. © AP/SIPA

Vingt ans de prison ont été requis par le parquet contre le frère du président déchu Saïd Bouteflika, les deux ex-patrons du renseignement – les généraux « Toufik » et Athmane Tartag -, et Louisa Hanoune, rejugés en appel par le tribunal militaire de Blida depuis le 9 février.

Vingt ans de prison ont été requis par le parquet contre Saïd Bouteflika, frère et ex-conseiller du président déchu, les deux anciens patrons du renseignement Mohamed Lamine Mediene (dit « Toufik ») et Athmane Tartag, ainsi que la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT, trotskistes) Louisa Hanoune. Ils étaient rejugés en appel depuis dimanche en Algérie.

La défense de Louisa Hanoune réclame l’acquittement

L’audience à huis clos a repris lundi matin devant la Cour d’appel militaire de Blida, à une cinquantaine de km au sud d’Alger, et la matinée a été principalement consacrée au réquisitoire, a indiqué Me Farouk Kessentini, avocat du général « Toufik ». Ce dernier dirigea durant 25 ans, jusqu’à son limogeage en 2015, le tentaculaire Département du renseignement et de la sécurité (DRS), structurellement rattaché à l’armée mais, dans les faits, véritable « État dans l’État ».

Lundi matin, la défense de Louisa Hanoune, composée de neuf avocats, a aussi commencé à plaider et réclamé l’acquittement, a indiqué l’un de ces défenseurs, Me Boudjemaâ Guechir.

Dans le box aux côtés du général Mediene et Louisa Hanoune, Saïd Bouteflika, 62 ans, fut l’influent conseiller spécial de son frère Abdelaziz durant ses 20 ans de présidence (1999-2019). Son pouvoir s’était renforcé, au point d’être considéré comme le « président-bis », à mesure que déclinait la santé du chef de l’État, victime en 2013 d’un AVC qui l’a laissé paralysé et aphasique.

Le 4e accusé, le général Athmane « Bachir » Tartag, ex-bras droit de « Toufik », à qui il avait succédé en prenant la tête de la Coordination des Services de sécurité (CSS), structure ayant remplacé le DRS démantelé, a comme la veille refusé de comparaître lundi.

« Plan de déstabilisation »

Tous quatre sont accusés de s’être réunis en mars 2019 pour élaborer un « plan de déstabilisation » du haut commandement de l’armée qui demandait alors publiquement le départ du président Bouteflika pour sortir de la crise née du « Hirak », puissant mouvement populaire de contestation du régime, apparu le 22 février.

En détention depuis leur arrestation en mai 2019, ils ont été condamnés à 15 ans de prison en septembre pour complot contre l’autorité militaire et contre l’autorité de l’État par le tribunal militaire de Blida.

Selon l’accusation, Saïd Bouteflika entendait s’appuyer sur les ex-patrons du renseignement pour limoger le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, jusque-là indéfectible soutien du chef de l’État qui l’avait nommé à ce poste en 2004.

Abdelaziz Bouteflika a finalement démissionné le 2 avril 2019, quelques heures après un ultimatum de l’état-major de l’armée demandant son départ « immédiatement ».

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