Transport aérien

Nouveau gestionnaire et nouvelle aérogare pour l’aéroport de Conakry

Mamadi Camara, ministre de l'Économie et des Finances, paraphe le nouvel accord de concession de l'aéroport de Conakry, le 3 février 2020

Mamadi Camara, ministre de l'Économie et des Finances, paraphe le nouvel accord de concession de l'aéroport de Conakry, le 3 février 2020 © Mamadi Camara (Twitter)

Le fonds panafricain dédié aux infrastructures Africa50 a remplacé l’Agence française de développement aux côtés de l’État guinéen et d’Aéroports de Paris pour la gestion de l’aéroport de Conakry, où une nouvelle aérogare va être construite, moyennant un investissement de 120 millions d’euros.

Le changement d’actionnaire est désormais acté à la tête de l’aéroport de Conakry. La Société de gestion de l’aéroport de Conakry (Sogeac) qui était détenue à 51 % par l’État guinéen – les autres 49 % d’actions restantes étant réparties entre l’Aéroport de Paris (ADP) et l’Agence française de développement (AFD) – a cédé la place à la Société de gestion de l’aéroport de Gbessia (Sogeag), du nom du quartier abritant l’infrastructure.

L’État conserve 34 % des parts de la nouvelle société,le fonds Africa 50 (fondé par la Banque africaine de développement) et ADP se partageant les 66 % restant à parts égales.

Cette nouvelle distribution permettra de supporter les 120 millions d’euros d’investissement nécessaires à la construction d’une nouvelle aérogare, dont les travaux doivent commencer à la fin du mois de mars à l’issue d’un appel d’offres restreint entre quatre sociétés pré-qualifiées, et doivent durer deux ans et demi.

Aller plus vite

Bâtie sur 20 000 mètres carrés sur l’emplacement du hangar de fret et du pavillon présidentiel, la future aérogare sera trois fois plus grande que l’actuelle, qui sera démolie.

« Nous avons estimé que l’aéroport de Conakry était dépassé, tant du point de vue de sa capacité que de son équipement et de sa modernité », explique le ministre d’État aux Transports Aboubacar Sylla, selon lequel les ressources sont « déjà mobilisées ».

« Nous avons restructuré le capital pour aller plus vite, poursuit le ministre. Des structures comme l’AFD ont des délais extrêmement importants pour prendre des décisions de participation ou de réévaluation de leurs apports dans une société. On s’est retrouvé entre actionnaires guinéens et ADP, pour chercher un investisseur qui apporte le financement et des garanties, rapidement mobilisable auprès des banques locales et sous-régionales pour que le projet puisse démarrer tout de suite. Si on avait fait recours à un financement traditionnel avec les institutions habituelles, on était parti pour deux ou trois ans avant de disposer des crédits nécessaires ».

Une redevance aéroportuaire pour financer l’investissement

Le financement de 120 millions d’euros, qui « n’engage pas l’État guinéen et ne grève pas la dette publique », dixit Aboubacar Sylla, sera remboursé par l’institution d’une redevance aéroportuaire « de deux à trois dollars par passager » sur le tarif actuel. Des pourparlers entre autorités, compagnies aériennes et agences de voyage ont mis d’accord tout le monde, assure le ministre.

Selon les statistiques du ministère des Transports, 550 000 passagers transitent actuellement par l’aéroport de Conakry chaque année. La nouvelle aérogare permettra de gérer un flux de 1,5 million de passagers pendant la même période.

L’éternel projet de construction d’un deuxième aéroport à Maférinyah, dans la préfecture de Forécariah (Sud-Ouest), est encore à l’ordre du jour. Sa construction « nécessitera une infrastructure ferroviaire ou routière (le reliant à Conakry, ndlr) et à peu près une dizaine d’années », évalue le ministre Sylla. « En attendant, renchérit-il, nous aurons un aéroport moderne, adapté en termes de capacité et compétitif ».

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