Sécurité

L’armée malienne est en route pour Kidal

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Patrouille de la Minusma dans la région de Kidal, en décembre 2016 (archives).

Patrouille de la Minusma dans la région de Kidal, en décembre 2016 (archives). © Sylvain Liechti/MINUSMA

Ce 10 février, le premier bataillon de l’armée malienne reconstituée s’apprête à entrer dans Kidal, ville du nord-est du Mali demeurée longtemps sous le contrôle des anciens groupes rebelles.

La nouvelle armée malienne, composée de militaires réguliers et d’anciens membres des groupes rebelles réintégrés, devrait enfin prendre ses quartiers à Kidal ce lundi 10 février. Pour la première fois en six ans, des soldats maliens fouleront le sol de la capitale régionale, qui fut longtemps interdite.

Ce retour, annoncé et repoussé à plusieurs reprises, a cette fois été confirmé par le ministre des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé, à l’occasion du 33e sommet de l’Union africaine, à Addis Abeba : « Le premier bataillon de la nouvelle armée nationale malienne, qui reflète la diversité nationale du pays, sera déployé lundi 10 février. »

Prise le 19 janvier dernier, cette décision reflète la volonté de tous les signataires de l’accord de paix signé à Alger en 2015. « Ce retour a été décidé suite à plusieurs réunions de la Commission technique de sécurité (CTS), puis validée par le Comité de suivi de l’accord (CSA), avec l’approbation de toutes les parties signataires », explique selon Tiébilé Dramé.

La coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), signataire de l’accord de paix, se dit d’ores et déjà disposée à accueillir ce premier bataillon. « Tout est fin prêt, excepté le réglage de certains détails d’ordre administratif ou matériel du côté de l’état-major général des armées », précise la CMA dans un communiqué rendu public le 7 février.

Une source d’inquiétude pour les pays du Sahel

Le retour de l’administration et de l’armée dans les régions du nord a été l’un des points de friction dans l’application de l’accord d’Alger. Si l’ancien groupe séparatiste a approuvé le retour des Forces armées maliennes (FAMa), il a émis certaines conditions, exigeant par exemple « un commandement alterné, du niveau bataillon jusqu’au niveau section, sur l’ensemble des régions de Tombouctou, Gao, Kidal et Menaka ».

Aujourd’hui administrée de facto par la CMA, la ville de Kidal est passée entre les mains d’autres groupes comme les jihadistes d’Ançar Dine en 2014. Malgré la présence de forces internationales telles que les soldats de la force française Barkhane et la Minusma, la ville est restée sous le contrôle d’ex-rebelles touareg.

Une instabilité qui fait de Kidal une source d’inquiétude pour les autres pays du Sahel, qui y voient une base arrière pour les jihadistes de la région. En septembre 2019, le président nigérien Mahamadou Issoufou a été jusqu’à décréter que « le statut de Kidal était une menace » pour la stabilité et la sécurité au Sahel, arguant notamment que « des mouvements signataires de l’accord de paix d’Alger étaient de connivence avec les terroristes ».

Le retour de « la nouvelle armée malienne » marque donc le retour de l’autorité de l’État dans cette partie du Mali. Et, surtout, constitue un gage de sécurité pour les autres pays du Sahel.

La Minusma en soutien

Mais seules, les FAMa auront du mal à prendre en main la sécurité de l’ensemble de cette zone où plusieurs groupes terroristes sont répertoriés. Un point qui a déjà été souligné lors du sommet de Pau entre Emmanuel Macron et les chefs d’État des pays du G5 Sahel le 13 janvier dernier, où la question du redéploiement de l’armée et de l’administration malienne dans le nord du Mali étaient au menu.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, qui y avait pris part, avait alors assuré que la Minusma accompagnerait l’initiative dans un premier temps. Avant de procéder à un retrait progressif une fois que la situation serait stabilisée.

Ce qui devrait permettre à Tiébilé Dramé de revendiquer le soutien extérieur nécessaire à ce redéploiement : « Le président et le gouvernement du Mali ont réussi à convaincre leurs voisins, les puissances et les organisations internationales de l’urgence du retour de la nouvelle armée dans tout le nord du pays, à Kidal en particulier », s’était-il félicité.

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