Diplomatie

Qui sont les grands absents du 33e sommet de l’Union africaine ?

Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine à Niamey pour le sommet de l'Union africaine.

Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine à Niamey pour le sommet de l'Union africaine. © Twitter officiel de l’Agence nationale pour l’organisation de la Conférence de l’Union africaine

Pour un week-end, Addis-Abeba est le centre de l’Afrique. Mais certains chefs d’État ont choisi de ne pas s’y rendre. Pour certains, c’est une habitude. Pour d’autres, moins…

Lors de chaque sommet de l’Union africaine (UA), chacun fait mine de croire encore au suspense. Mais, cette fois encore, il n’y en avait guère : Paul Biya ne sera pas présent à Addis-Abeba lors du sommet des chefs d’État qui doit s’ouvrir le 9 février, alors même que d’aucuns optimistes espéraient discuter avec lui de la « crise anglophone » qui sévit dans son pays depuis 2016.

Le président camerounais, représenté par son ministre des Affaires étrangères Lejeune Mbella Mbella, a cependant fait passer le message à ses diplomates : pas question de donner l’impression à des interlocuteurs de négocier sur ladite crise anglophone. « Pour le Cameroun, cette question est tranchée depuis le Grand dialogue national d’octobre 2019 », explique un diplomate camerounais.

Selon nos informations, Yaoundé n’avait surtout aucune intention de se montrer ouvert au symposium proposé par l’African Forum et qui pourrait se tenir en avril au Kenya. « Le gouvernement camerounais ne se sent pas concerné par cette initiative émanant d’étrangers », conclut un familier du dossier. Point final donc.

Sassou Nguesso présent, pas Bongo Ondimba

Paul Biya n’est pas le seul chef d’État d’Afrique centrale à ne pas faire le déplacement à Addis-Abeba. Le Gabonais Ali Bongo Ondimba ne fera lui non plus pas partie de la traditionnelle photo de famille. Touché par un accident vasculaire cérébral fin 2018, il n’a pas repris les déplacements officiels à l’étranger depuis et est, comme lors des précédents rendez-vous, représenté par son ministre des Affaires étrangères Alain Claude Bilié By Nzé, présent en Éthiopie depuis le 6 février.

Côté subsaharien, les autres « poids lourds » seront bien là. Le Congolais Félix Tshisekedi viendra étrenner sa place de premier vice-président de l’organisation (et probable président de l’UA en 2021), tandis que son voisin Denis Sassou Nguesso est très attendu sur le dossier libyen, en sa qualité de président du Haut comité de l’UA sur la Libye.

Cette dernière était jusqu’à vendredi 7 février représentée le ministre des Affaires étrangères du gouvernement d’union nationale, Mohamed Taha Siala. Une incertitude planait encore sur la présence, dimanche 9 février, de Fayez el-Sarraj lui-même.

Paul Kagame (Rwanda), Yoweri Museveni (Ouganda), Muhamadu Buhari (Nigeria), Uhuru Kenyatta (Kenya) ou encore Alpha Condé (Guinée), Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Macky Sall (Sénégal), Faustin Archange Touadéra (Centrafrique) et Andry Rajoelina (Madagascar) seront également présents.

Le Bissau-Guinéen, Oumarou Sissako Emballo, fera son entrée dans le bal de l’UA. Selon nos sources, son invitation au sommet est restée longtemps en suspens, son intronisation n’ayant pas encore eu lieu. Des présidents plus expérimentés seront bien présents, avec un quintet sahélien au grand complet pour aborder, entre autres, les questions de sécurité : Mohamed Ould Ghazouani, Ibrahim Boubacar Keïta, Mahamadou Issoufou, Roch Marc Christian Kaboré et Idriss Déby Itno.

Tebboune au rendez-vous, mais pas Saïed

Tous viendront assister à la passation de pouvoir entre l’Égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le Sud-Africain Cyril Ramaphosa, qui s’annonce comme la « star » de ce sommet. Cyril Ramaphosa a d’ailleurs déjà prévu d’accueillir une autre grand-messe panafricaine, en mai à Johannesburg. Lors de ce sommet « extraordinaire », il sera une nouvelle fois question de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca).

Côté maghrébin, le nouveau président algérien, Abdelmajid Tebboune assistera à son premier sommet en tant que chef d’État. Un retour marquant pour l’Algérie, puisqu’Abdelaziz Bouteflika boudait quant à lui les rassemblements depuis près de dix ans. Alger est notamment très attendu sur le dossier libyen, dans lequel elle souhaite peser diplomatiquement aux côtés de la Tunisie.

Cette dernière ne sera cependant pas représentée par son nouveau président, Kaïs Saïed. Ce dernier, remplacé par son ministre des Affaires étrangères Sabri Bachtobji, a annulé sa venue dans la journée du 7 février, invoquant une laryngite aiguë. Une justification qui a fait sourire dans les travées de l’ONU, où certains suggèrent que les difficultés du chef de l’État à former un gouvernement ne seraient pas étrangères à ce revirement.

Nasser Bourita et Saâdeddine El Otmani pour le Maroc

Enfin, un autre invité de marque n’honorera pas le siège de l’Union africaine de sa présence. Le roi du Maroc Mohamed VI a décliné l’invitation. Il sera représenté par son Premier ministre Saâdeddine El Otmani et son ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita, qui rejoindra le ministre délégué à la Coopération, Mohcine Jazouli, déjà présent sur place.

Les représentants chérifiens auront fort à faire : Algériens et diplomates de la République arabe saharaouie démocratique (RASD) ont bien l’intention de profiter de la relation historique entre Alger et Pretoria pour avancer leurs pions. L’Afrique du Sud fait notamment partie de la « troïka » présidentielle sur le Sahara occidental. Lancée en juillet 2018, elle ne s’est pas rassemblée depuis, mais une réunion pourrait avoir lieu ces prochains jours à Addis-Abeba.

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