Football

Football : l’idée d’une CAN tous les quatre ans fait débat sur le continent

Le président de la FIFA Gianni Infantino, le 24 janvier 2020.

Le président de la FIFA Gianni Infantino, le 24 janvier 2020. © Markus Schreiber/AP/SIPA

La proposition du président de la FIFA Gianni Infantino d’organiser la Coupe d’Afrique des nations (CAN) tous les quatre ans ne fait pas l’unanimité chez les professionnels africains du football. Didier Drogba, lui, s’est dit favorable à cette idée.

On ne s’attendait pas forcément à une sortie aussi spectaculaire de Gianni Infantino, lors du séminaire consacré aux compétitions et aux infrastructures en Afrique.

Le 1er février, à Salé (Maroc), le président de la FIFA a profité de son intervention devant les présidents des 54 fédérations africaines pour expliquer les raisons de sa volonté d’organiser  la Coupe d’Afrique des nations (CAN) tous les quatre ans, et non plus tous les deux ans, comme cela a quasiment toujours été le cas depuis 1968.

« Ce sera à l’Afrique de décider »

Le dirigeant, jamais à court d’arguments, a axé son raisonnement autour de deux thèmes. L’un, sportif, en déclarant que « cela la rendrait plus attrayante au niveau mondial. » L’autre, économique, un domaine dans lequel Infantino excelle. « Cela permettrait à la CAN, qui génère vingt fois moins de revenus que l’Euro, d’être plus commercialement viable », a assuré l’Italo-Suisse.

Conscient de la portée de ses déclarations, Infantino n’avait toutefois pas pris la peine de consulter les principaux intéressés, à savoir les joueurs, les sélectionneurs et les présidents des fédérations africaines.

Certains d’entre eux ont été surpris par la sortie d’Infantino sur le format de la CAN. « Je rappelle déjà que les éditions de 2021, 2023 et 2025 sont déjà attribuées. On va réfléchir à cette proposition, mais ce sera à l’Afrique seule de décider », assure le président de la Fédération sénégalaise de Football (FSF) Augustin Senghor, également membre du Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF).

La CAF, qui a prévu d’étudier la question, ne se laissera cependant pas imposer des directives venues de Zurich, du moins officiellement.

Didier Drogba « favorable »

Les professionnels africains du football sont traditionnellement habitués à ce que la CAN se dispute tous les deux ans, une périodicité à laquelle ils sont attachés. « Personnellement, je suis contre ce projet. Gianni Infantino dit qu’une édition tous les quatre ans rendrait la CAN plus visible. Je trouve que cet argument est paradoxal », intervient l’international tunisien Naïm Sliti, quatrième de la CAN 2019 avec les Aigles de Carthage.

Et d’ajouter : « Il est très difficile pour les sélections africaines de se qualifier pour la Coupe du monde. La CAN est une bonne chose car elle leur permet de disputer une grande compétition tous les deux ans. Les joueurs, eux, peuvent plus facilement se faire remarquer ».

Du côté de Kinshasa, Christian Nsengi-Biembe, le sélectionneur des Léopards de la RDC, se montre partagé. S’il voit l’aspect économique d’un bon œil, le technicien est beaucoup plus dubitatif sur le côté sportif. « Si Infantino estime qu’il y a des solutions pour augmenter les revenus de la CAN et en faire profiter les pays africains, écoutons-le. En revanche, je crains que la périodicité qu’il propose soit moins attractive pour certains joueurs ».

Gianni Infantino, qui ne fait jamais rien pour rien, a ouvert le débat, qui promet d’être animé. Didier Drogba, qui postule à la présidence de la Fédération ivoirienne de football (FIF), s’est déjà déclaré « favorable » à une CAN tous les quatre ans.

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