Justice

Bénin – Séverin Quenum : « Il n’y a pas d’instrumentalisation politique de la justice »

Séverin Quenum, le ministre béninois de la Justice, lors d'un entretien avec Jeune Afrique, à Cotonou le 23 janvier 2020.

Séverin Quenum, le ministre béninois de la Justice, lors d'un entretien avec Jeune Afrique, à Cotonou le 23 janvier 2020. © César Gaba pour JA

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), devant laquelle a notamment été condamné l’opposant Sébastien Ajavon, vient de connaître une réforme de taille : il est désormais possible de faire appel de ses jugements. Séverin Quenum, le ministre béninois de la Justice, détaille les raisons de cette évolution, et défend le bilan de la lutte anti-corruption.

Les députés béninois ont adopté mercredi 5 février une loi modifiant plusieurs dispositifs centraux dans le fonctionnement de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Outil emblématique de la campagne de lutte contre la corruption, priorité affichée par le président Patrice Talon, la Cour a également été souvent critiquée.

En avril dernier, la Cour africaine des droits de l’homme a ainsi condamné l’État béninois dans l’affaire Sébastien Ajavon. La CADH avait alors pointé de nombreuses atteintes aux droits de la défense lors d’une procédure à l’issue de laquelle l’opposant avait été condamné à vingt ans de prison par contumace après un premier procès devant un tribunal de Cotonou en novembre 2017, qui avait conclu à sa relaxe au bénéfice du doute.

Le premier changement de taille porte sur l’instauration d’un double degré de juridiction. En clair, désormais, les personnes condamnées devant cette Cour pourront faire appel. Par ailleurs, les droits de la défense sont sensiblement renforcés, puisque la présence d’un avocat est obligatoire, et les prévenus se verront attribuer un avocat commis d’office en cas de besoin.

Séverin Quenum, le ministre béninois de la Justice, revient pour Jeune Afrique sur cette réforme, et rejette les accusations d’instrumentalisation politique de la justice portées par plusieurs opposants actuellement poursuivis, notamment devant la Criet.

Jeune Afrique : Le Parlement béninois vient d’adopter l’instauration d’un double degré de juridiction pour la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Désormais, les personnes condamnées par cette Cour pourront faire appel, ce qui n’était pas le cas auparavant. Cela concernera-t-il Sébastien Ajavon ?

Séverin Quenum : La loi ne vise aucun individu en particulier. Ce que je peux vous dire, c’est que nous avons prévu que tous ceux qui auront pu être condamnés par le passé par la Criet auront quinze jours pour faire appel, à compter de la promulgation de la loi, de sa publication au Journal officiel.

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