Télécoms

Que peut attendre MTN de la vente de ses parts dans IHS Towers ?

Selon MTN, la part qu'il détient dans IHS Towers pourrait valoir 1,6 milliard de dollars.

Selon MTN, la part qu'il détient dans IHS Towers pourrait valoir 1,6 milliard de dollars. © IHS Towers

L’opérateur sud-africain cherche à revendre ses participations dans l’entreprise de tours de télécommunication IHS Towers mais la valeur de cet actif pourrait s’avérer nulle.

MTN poursuit la revente de ses actifs jugés non essentiels. L’opérateur sud-africain, qui a déjà récupéré 950 millions de dollars (860 millions d’euros) depuis mars a annoncé fin janvier vouloir vendre 14 % de sa filiale nigériane – dont il resterait majoritaire à 65 % – et céder ses participations dans l’entreprise de tours de télécommunication, IHS Towers. Selon l’opérateur, qui possède 29 % de l’entreprise leader du secteur sur le continent, ce dernier actif pourrait valoir la coquette somme de 23 milliards de rands, soit 1,6 milliard de dollars.

Mark Ansley, directeur du capital-investissement au sein du cabinet sud-africain, Argon Asset Management confirme que l’activité des tours est de loin l’actif le plus important que MTN tente de vendre. Et pourtant selon lui « ces entreprises de tours ont une importante dette libellée en dollars américains et une fois que celle-ci est remboursée, il ne reste que très peu de bénéfices et pas de dividende ».

La dette d’IHS ne peut être ignorée et je n’accorde pas beaucoup de valeur à la participation de MTN dans l’entreprise

L’investisseur base son analyse sur le fait que les sociétés de tours sont généralement évaluées à partir du rendement de leurs dividendes qui, dans le cas d’IHS Towers, seraient inexistants. En septembre 2019, IHS Pays-Bas, dont IHS Holdings est la société mère, cumulait 2,7 milliards de dollars de dettes.

« La dette d’IHS ne peut être ignorée et je n’accorde pas beaucoup de valeur à la participation de MTN dans l’entreprise. Dans les faits elle ne vaut rien », estime l’expert basé au Cap.

Pas de valeur ajoutée

Dans le passé, les investisseurs se sont néanmoins montrés intéressés par les tours de télécommunication africaines. En octobre, Helios Towers a par exemple levée 364 millions de dollars lors de son introduction à la bourse de Londres.

En 2018, IHS Towers a de son côté abandonné ses projets d’introduction en bourse aux États-Unis, invoquant l’incertitude des élections au Nigeria, son principal marché – malgré tout le choix de tenter une IPO a été privilégié. Des analystes annoncent que la société, qui comprend Goldman Sachs et le français Wendel à son tour de table, pourrait retenter sa chance cette année.

Quant à MTN, il continue de faire face à une série de risques sur plusieurs de ses marchés. En Iran, l’entreprise pourrait souffrir de l’aggravation des tensions liées à l’assassinat du général Ghassem Soleimani le 2 janvier 2020. Aux États-Unis, MTN est poursuivi pour violation de la loi antiterroriste américaine pour des faits intervenus en Afghanistan. En Afrique du Sud, l’opérateur est soumis, avec son concurrent Vodafone, à une pression réglementaire le forçant à réduire le prix de la donnée dans les deux mois.

Enfin, il est encore trop tôt pour conclure la résolution du litige fiscal de deux milliards de dollars entre la société et le Nigeria. La demande d’annulation de l’amende a pour le moment été transmise au bureau des recettes du pays plutôt que d’être levée définitivement.

Cet article est paru initialement chez nos confrères de The Africa Report.

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