Sécurité

Sommet de l’UA : l’Afrique parviendra-t-elle à parler d’une seule voix sur la crise libyenne ?

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Mis à jour le 06 février 2020 à 09h46
Passation de pouvoir entre Paul Kagame et Abdel Fattah al-Sissi, à la tribune du 32e sommet de l'Union africaine, le 10 février 2019 à Addis-Abeba.

Passation de pouvoir entre Paul Kagame et Abdel Fattah al-Sissi, à la tribune du 32e sommet de l'Union africaine, le 10 février 2019 à Addis-Abeba. © DR / Présidence rwandaise

Les enjeux sécuritaires devraient dominer les débats du 33e sommet de l’Union africaine, les 9 et 10 février à Addis-Abeba. L’UA espère, enfin, proposer d’une seule voix une solution à la crise en Libye.

« L’Égypte va régler le problème ». Il y a un an, presque jour pour jour, alors que l’Union africaine s’apprêtait à tenir son 32e sommet, on était confiant dans les travées du centre de conférences d’Addis-Abeba, en Éthiopie. Las, douze mois plus tard, la crise libyenne s’est encore aggravée et promet donc, à nouveau, d’être le sujet central du nouveau sommet, lors duquel les chefs d’État du continent se réuniront les 9 et 10 février.

L’échec est de taille pour l’Égyptien Abdel Fattah al-Sissi, qui vit ses dernières heures comme président de l’organisation continentale. Résolument tourné vers un soutien au maréchal Khalifa Haftar, celui-ci n’aura pas réussi à porter haut la voix africaine dans le conflit, où les Russes et les Turcs se sont récemment imposés comme acteurs principaux, tandis que l’ONU et la France étaient en perte de vitesse.

Se méfier « des arrières-pensées »

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, qui prendra officiellement la présidence de l’UA lors de ce sommet, le sait : la Libye reste le principal défi de l’UA. Un sommet s’est tenu à Brazzaville, le 30 janvier, et les débats se poursuivront à Addis-Abeba. Ramaphosa a d’ores et déjà donné les grandes lignes de sa présidence : coopérer avec les grandes puissances… avec méfiance. « Dans certains cas, les interventions [extérieures] semblent être motivées par des arrière-pensées », s’est-il inquiété.

À Brazzaville, où Cyril Ramaphosa avait dépêché sa ministre des Relations internationales Naledi Pandor et où le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh – qui préside le Conseil de paix et sécurité de l’UA – avait fait le déplacement, les participants ont réaffirmé une position africaine axée sur la tenue d’un forum de réconciliation nationale inter-libyen. Dans nos colonnes en novembre, le Tchadien Idriss Déby Itno avait d’ailleurs offert d’accueillir à N’Djamena ce dialogue.

Selon nos informations, l’UA espère également obtenir la désignation d’un médiateur conjoint de l’Union africaine et des Nations unies dans la crise libyenne. Le nom de Mohamed Ould Abdel Aziz, l’ancien président mauritanien, a d’ailleurs déjà été proposé à l’ONU, mais le Conseil de sécurité a refusé de le soutenir, ce qui a fortement déplu à plusieurs chefs d’État du continent.

Faire taire les armes

« Le principal défi de Cyril Ramaphosa est de donner du crédit à une solution africaine, en s’appuyant sur les pays limitrophes, notamment maghrébins, afin de peser face aux grandes puissances occidentales [France, États-Unis] et orientales [Turquie, Russie] », explique un diplomate sahélien, qui ajoute que « les ministres des Affaires étrangères des pays africains limitrophes, ainsi que du Mali, de la Libye se sont d’ailleurs retrouvés à Alger, le 23 janvier.

Le 8 février, en clôture de la réunion des ministres des Affaires étrangères du sommet de l’UA, le Conseil de paix et sécurité se réunira pour discuter des crises libyennes et sahéliennes, en présence de l’Algérien Smaïl Chergui. Le patron du département paix et sécurité de la commission de l’UA, très critiqué en interne, y jouera sans doute une partie de son mandat.

À Brazzaville, Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’UA, a estimé que « les Libyens [devaient] prendre la responsabilité devant l’histoire de faire taire les armes ». Le Tchadien a le sens de la formule : « Faire taire les armes » est justement le thème principal du sommet de l’Union africaine, pour lequel les chefs d’État du continent se réuniront les 9 et 10 février. Reste à Faki Mahamat, à qui il reste un an de mandat – à moins que celui-ci ne soit renouvelé en 2021 – , à collaborer avec la présidence sud-africaine pour, enfin, « régler le problème ».

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