Justice

Algérie : grâce présidentielle pour près de 3 500 condamnés, dont aucun des détenus du « Hirak »

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 05 février 2020 à 10h05
Des Algériens manifestent contre le gouvernement à Alger, le 3 janvier 2020.

Des Algériens manifestent contre le gouvernement à Alger, le 3 janvier 2020. © Fateh Guidoum/AP/Sipa

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a signé ce mardi un décret graciant​ 3 471 personnes condamnées, une mesure de clémence qui ne concerne cependant pas les détenus liés au Hirak le mouvement de contestation populaire anti-régime, dont la majorité sont en attente de jugement.

Le chef de l’État a décidé de « mesures de grâce au profit d’un premier groupe de 3 471 détenus ou non détenus, condamnés définitivement » et dont « il ne reste de leur peine que six mois ou moins à purger », a précisé la présidence, dans un communiqué.

Des affaires « toujours en cours »

« Ce premier groupe sera suivi par un deuxième qui englobera des détenus condamnés définitivement et dont il ne reste de leur peine que douze mois ou moins à purger », selon le communiqué. Toutefois, le décret ne concerne pas les personnes incarcérées pour des faits liés au « Hirak », le mouvement de contestation qui ébranle le pouvoir depuis bientôt un an.

« Cette grâce ne va pas toucher les détenus du mouvement car la plupart n’ont pas encore été jugés », a expliqué Kaci Tansaout, coordinateur du Comité national pour la libération des détenus (CNLD). « Il n’y aura pas de grâce pour les détenus du Hirak car leurs affaires sont toujours en cours », a renchéri Yamina Alilli, membre d’un collectif d’avocats qui les défend.

142 manifestants incarcérés

Le CNLD, une association de soutien, a recensé « 142 manifestants actuellement en détention provisoire et 1 300 autres qui font l’objet de poursuites judiciaires pour des faits liées à la campagne du scrutin présidentiel », a précisé Kaci Tansaout.

Selon ce dernier, plus de 200 opposants au total ont été remis en liberté, la plupart depuis le début de l’année. Le décret présidentiel exclut notamment les prisonniers condamnés pour corruption, trafic de drogue ou terrorisme, selon des médias locaux.

Les autorités algériennes procèdent habituellement à des grâces de prisonniers à l’occasion des grandes fêtes nationales comme le 5 juillet (fête de l’Indépendance) ou le 1er novembre (fête de la Révolution).

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