Electricité

L’énergie s’invite à la conférence Mining Indaba 2020

e ministre sud-africain des Ressources minérales et de l’Énergie, Gwede Mantashe, à la conférence Mining Indaba, au Cap, le 2 février 2020.

e ministre sud-africain des Ressources minérales et de l’Énergie, Gwede Mantashe, à la conférence Mining Indaba, au Cap, le 2 février 2020. © Mining Indaba

Alors que l’activité minière est particulièrement gourmande en eau et en électricité, le ministre sud-africain des Ressources minérales et de l’Énergie, Gwede Mantashe, a créé la surprise à la conférence Mining Indaba, le 3 février, en annonçant la fin prochaine du monopole d’Eskom sur la production d’électricité dans le pays.

La crise énergétique s’est de nouveau invitée à la conférence annuelle des miniers Mining Indaba cette année, douze ans après les coupures drastiques d’électricité qu’avaient connues Le Cap en 2008, prouvant que rien n’est réglé.

Le ministre sud-africain des Ressources minérales et de l’Énergie, Gwede Mantashe, a ainsi volé la vedette au président sierra-léonais, Julius Maada Bio, et au Premier ministre congolais, Ilunga Ilunkamba, venus ouvrir la rencontre le 3 février, en annonçant la dérégulation prochaine du secteur sud-africain de l’électricité.

Désormais, a-t-il expliqué, les compagnies minières pourront générer leur propre électricité pour subvenir à leurs besoins, et Eskom n’exercera plus le monopole de la production sur le marché local. « Nous avons pris la décision d’approcher des investisseurs en vue de créer un nouvel opérateur d’électricité indépendant d’Eskom. Comme ce dernier fait face à des difficultés, il nous faut prévoir un filet de sécurité pour assurer l’approvisionnement énergétique », a-t-il poursuivi.

L’hydrogène comme nouvelle source d’énergie propre

Reste maintenant à voir quelles modalités d’application prendront ces annonces alors qu’Eskom, qui cumule 33 milliards de dollars de dettes, vient de s’opposer à la proposition du Trésor public de céder ses deux centrales de Medupi et Kusile pour se renflouer.

De son côté, Mark Cutifani, le directeur exécutif d’Anglo American, a martelé que « plus doit être fait pour assurer l’approvisionnement énergétique des exploitations », avant d’enchaîner sur l’hydrogène comme nouvelle source d’énergie propre de l’industrie minière, l’un des thèmes de l’édition 2020 de Mining Indaba – dont le Jeune Afrique Media Group est partenaire.

L’« innovation responsable » est sans surprise le grand thème de cette édition. Comme le rappelle Mark Cutifani, « en 1900 pour produire 40 kg de cuivre, il fallait traiter 2 tonnes de minerais, mais aujourd’hui, en raison de la baisse des teneurs des gisements, pour générer le même volume de métal rouge, il faut traiter 16 fois plus de minerai avec 16 fois plus d’électricité et deux fois plus d’eau ». D’où l’impératif de l’innovation.

Le cours du cuivre freiné par le coronavirus

Mêmes conclusions du côté du directeur général de la branche minerais et énergie de Rio Tinto, Bold Bataar, à l’ouverture de la conférence qui a réuni 7 000 personnes lundi matin. « Nous sommes convaincus que notre industrie fait partie de la solution – que nous devons jouer un rôle actif dans la réduction des émissions carbone ». Le responsable, qui a rappelé que Rio Tinto a cessé d’investir dans le charbon, s’est targué des résultats de la joint-venture entre Rio et Alcoa : « nous venons de livrer notre premier aluminium sans carbone à Apple », a-t-il déclaré, tout en rajoutant que plus de 70 % de l’électricité utilisée chez Rio venaient de sources renouvelables.

Déjà évoqués l’année dernière, les métaux servant à fabriquer les batteries de véhicules électriques figurent haut sur l’agenda de cette année avec pas moins d’une douzaine de panels sur le sujet et un « Battery Metals Day » qui s’ouvre le 4 février. Au cœur des débats, la compétition entre les différentes technologies (au lithium, au nickel, etc.) et le rôle qu’est appelé à jouer le cuivre dans la filière. Ce que n’a pas manqué de souligner, lors d’un déjeuner organisé en marge de la conférence par IA Connect à Seapoint hier, Robert Friedland, le patron d’Ivanhoe Mines, qui développe un projet géant de cuivre en RDC avec des investisseurs chinois.

Rappelons que le cours du métal rouge a chuté depuis la crise du coronavirus, alors que l’or caracole toujours. Prédisant un arrêt brutal de l’économie mondiale en raison de l’épidémie -la Chine représente 17 % du PIB mondial aujourd’hui contre 6 % lors du Sras en 2003 – et puis une reprise, Friedland s’est demandé si l’Empire du Milieu n’allait pas par prêter de l’argent à Eskom. En chinois, l’idéogramme signifiant « crise » est le même que celui désignant une « opportunité », a souligné le vétéran de l’industrie minière.

En 2018, China Development Bank avait déjà octroyé un prêt de 2,5 milliards de dollars à la compagnie d’électricité sud-africaine pour financer la construction de la super-centrale à charbon de Kusile, à l’est de Johannesburg (4 800 MW).

Abonné(e) au magazine papier ? Activez gratuitement votre compte Jeune Afrique Digital pour accéder aux contenus réservés aux abonnés.

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte