Télécoms

Inwi gagne sa bataille réglementaire contre Maroc Telecom

Sur le volet judiciaire, Inwi réclame 5, milliards de dirhams à Maroc Telecom. Le verdict devrait être rendu le 24 février 2020 par le tribunal de commerce de Rabat.

Sur le volet judiciaire, Inwi réclame 5, milliards de dirhams à Maroc Telecom. Le verdict devrait être rendu le 24 février 2020 par le tribunal de commerce de Rabat. © Hassan OUAZZANI/Jeune Afrique/2014

Engagé dans un bras de fer réglementaire et judiciaire contre Maroc Telecom, la filiale du holding royal Al Mada et du koweïtien Zain vient de faire condamner le groupe dirigé par Abdeslam Ahizoune à une amende de 3,3 milliards de dirhams pour « abus de position dominante ».

Le challenger Inwi, numéro trois du marché chérifien des télécoms, vient de faire flancher le tout puissant Maroc Telecom. Dans une décision rendue le 2 février suite à un référé formulé par Inwi en 2016, l’Autorité nationale de réglementation des télécommunications du Maroc (ANRT) reconnaît des « comportements […] ayant eu pour effet d’empêcher et de retarder l’accès des concurrents au dégroupage et au marché fixe » depuis 2013 et qui constituent un « abus de position dominante » de Maroc Telecom sur le marché national. Le verdict s’accompagne d’une amende de 3,3 milliards de dirhams (309 millions d’euros) à verser au Trésor public ainsi que plusieurs injonctions concernant le dégroupage de son réseau.

Par le biais d’un communiqué publié le même jour, l’opérateur a indiqué prendre « acte de la décision du Comité de gestion de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications relative aux pratiques anticoncurrentielles sur le marché du fixe et des accès à internet fixe à haut débit » et se réserve « la possibilité d’exercer les voies de recours prévues par la loi ». À l’heure où sont écrite ces lignes, l’action de Maroc Telecom connaît une chute de plus de 8 % à la bourse de Casablanca.

Position monopolistique

« Maroc Telecom est régulièrement sommé par le régulateur de dégrouper », rappelle un observateur du marché marocain. « Au vu du montant de la sanction, la décision montre que le régulateur est sérieux. Mais avant de parvenir à un dégroupage effectif il faudra d’abord des négociations avec le régulateur ou un recours en justice qui est bien plus probable dans ce genre de situation », observe un consultant spécialisé sur les marchés africains. Immobile sur la question depuis des années et connu pour ses capacités à faire pression sur l’ANRT, le groupe dirigé depuis 1998 par l’ancien ministre des télécommunications Abdeslam Ahizoune et contrôlé à 53 % par l’émirati Etisalat se voit intimer l’ordre d’accélérer le processus de dégroupage, un partage de réseau inscrit dans son cahier des charges et essentiel à une concurrence saine.

Jusqu’à ce jour, le leader marocain qui a réalisé 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2018 et dont le royaume est le marché le plus prometteur domine le segment de la voix avec près de 43 % de parts de marché sur le mobile et la quasi intégralité du parc de la téléphonie fixe (92,34 % au troisième trimestre 2019).

Diversification et résistance

Pour résister, ses concurrents ont donc choisi deux stratégies bien différentes. Inwi a opté pour l’affrontement réglementaire avec ce référé auprès du régulateur, mais aussi judiciaire à travers un procès en cours depuis avril 2018 au tribunal de commerce de Rabat. Pour les mêmes motifs, l’opérateur dirigé par Nadia Fassi Fehri réclame 5,6 milliards de dirhams à Maroc Telecom. Le verdict doit être donné le 24 février.

De son côté, Orange a choisi d’investir dans le segment de l’internet fixe et notamment de la fibre optique (FTTH) où « il n’existe pas de monopole », selon un expert du marché. Le FTTH du français est actuellement déployé dans une dizaine de grandes villes. Et comme Inwi, qui a lancé Inwi Money dès septembre 2019, l’opérateur français veut tenter sa chance sur le mobile money et la banque en ligne. Au Maroc, Orange Bank sera lancé au cours de ce trimestre et nourri l’ambition d’attirer six millions d’utilisateurs d’ici 2022 ou 2023.

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