Politique

Mauritanie : une commission parlementaire pour dresser l’inventaire des années de pouvoir d’Aziz

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Les présidents Aziz (à droite) et Ghazouani, lors de l'investiture de ce dernier à Nouakchott, jeudi 1er août 2019 (image d'illustration).

Les présidents Aziz (à droite) et Ghazouani, lors de l'investiture de ce dernier à Nouakchott, jeudi 1er août 2019 (image d'illustration). © Présidence sénégalaise

Une commission d’enquête parlementaire a été crée pour « faire la lumière » sur les onze années de pouvoir de Mohamed Ould Abdelaziz. Votée à l’unanimité, y compris par le parti au pouvoir, elle doit notamment se pencher sur la gestion des revenus pétroliers et l’attribution de marchés publics.

Entre le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et son prédécesseur Mohamed Ould Abdelaziz, le divorce est consommé. Le Parlement mauritanien a voté à l’unanimité, le 31 janvier, la création d’une commission d’enquête parlementaire que demandaient depuis plusieurs semaines les élus de l’opposition (Tawassoul, UFP, RFD, Sawab-IRA) pour « faire la lumière » sur les onze années de pouvoir d’Aziz.

Cette commission « entamera ses travaux prochainement », a déclaré le président de l’Assemblée nationale, Cheikh Ould Baya, un autre proche de l’ex-chef de l’État. Elle enquêtera sur la gestion des revenus pétroliers et miniers, les attributions de marchés publics, les ventes du foncier public, l’attribution de concessions portuaires et aéroportuaires, les signatures de contrats dans les domaines de l’énergie et de la pêche, les conditions de liquidation d’entreprises publiques.

Tremblement de terre politique

Il s’agit d’un véritable tremblement de terre politique. Jusque-là, seule l’opposition attaquait en effet la gestion de l’ancien président mauritanien. Le ralliement de l’Union pour la République (UPR, majorité) au principe de cette commission d’enquête vient renforcer encore un peu plus la mise à l’écart de l’ancien président par son successeur.

Dans une conférence de presse réunie en décembre, Mohamed Ould Abdelaziz avait soutenu que les caisses de l’État étaient pleines à son départ. Le Premier ministre Ismail Ould Bedde Ould Cheikh Sidiya lui a opposé un démenti cinglant, le 31 janvier, en annonçant que la situation de la trésorerie de l’État était « catastrophique », avec 26,4 milliards d’ouguiyas en caisse, pour 200 milliards d’ouguiyas d’engagements.

Retour de Mohamed Ould Bouamatou ?

Autre signe de la distance prise par Ghazouani avec son prédécesseur, le possible retour d’exil du pire ennemi d’Aziz, Mohamed Ould Bouamatou. Ce richissime homme d’affaires a adressé au gouvernement une liste de demandes dont la satisfaction conditionne son retour en Mauritanie.

Certaines ont été accordées. Il y a quinze jours, sa banque, la Générale de banque de Mauritanie (GBM) a été à nouveau autorisée à financer les activités de pêche. Autre filiale du groupe Bouamatou, la CGA, concessionnaire des marques Nissan et Volkswagen, sous scellés de la direction des impôts depuis 2015, vient d’être autorisée à reprendre ses activité après réduction de 500 millions d’ouguiyas à 250 millions de la pénalité que lui avait infligé le fisc mauritanien.

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