Elections

Guinée : Alpha Condé fixe les règles du référendum constitutionnel

Réservé aux abonnés | | Par
Mis à jour le 31 janvier 2020 à 16h56
Alpha Condé au palais Sékoutoureya, en mai 2015.

Alpha Condé au palais Sékoutoureya, en mai 2015. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

Un mois après avoir rendu public son projet de réforme de la Constitution, le président guinéen Alpha Condé en a fixé les modalités. La date du référendum n’a, pour l’heure, pas été fixée.

Alpha Condé avait deux options : passer par la voie parlementaire ou soumettre son projet de réforme constitutionnelle à un référendum populaire. Après des semaines de spéculations, c’est désormais officiel : les Guinéens trancheront la question liée au changement de Constitution dans les urnes, lors d’un référendum dont la date reste encore à déterminer.

L’ordonnance présidentielle prise le 29 janvier, qui fixe les modalités pratiques de ce scrutin, comporte une quinzaine d’articles. Pour être adopté, le texte devra recueillir plus de 50 % des suffrages exprimés.

Un bulletin rouge, un bulletin blanc

« Le corps électoral est convoqué au moins quinze jours francs avant la date du scrutin par décret du président de la République, sur proposition de la Ceni [Commission électorale nationale indépendante, NDLR] », stipule l’ordonnance. Les électeurs auront le choix entre deux bulletins : l’un blanc, pour le Oui, l’autre, rouge, pour le non.

Pendant la campagne référendaire, « les médias publics sont tenus de présenter les divers points de vues relatifs au projet soumis à référendum de manière équilibrée », précise encore l’ordonnance présidentielle, qui charge la Haute autorité de la communication de « veiller à ce que le principe d’égalité entre les opinions soit respecté », aussi bien dans les médias publics que privés.

L’opposition appelle au boycott

Au Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), le mot d’ordre a d’ores et déjà été lancé : il faut boycotter le scrutin. « Depuis le début, le fond du problème est le référendum. Au sein du FNDC, nous sommes clairs : nous ne voterons pas, et nous ferons en sorte que ce référendum n’ait pas lieu », martèle Aliou Condé, le secrétaire général de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, de Cellou Dalein Diallo), qui, par ailleurs, boycotte déjà les législatives prévues le 16 février.

« Nous avons exigé l’assainissement du fichier électoral. Pour nous, il est impossible que la Ceni ait pu comptabiliser 8 millions d’électeurs sur une population de 12 millions de Guinéens », insiste Aliou Condé. « Si nous acceptons ce fichier, cela ouvre la voie à des fraudes, y compris à la prochaine élection présidentielle, puisque c’est le même fichier électoral qui sera alors utilisé. Nous reviendrons au dialogue si l’exécutif accepte de repartir à zéro sur cette question de l’assainissement du fichier. »

« Nous sommes en démocratie ! L’opposition n’a pas le droit d’interdire au président de la République de consulter les Guinéens. Au contraire, elle devrait se féliciter de l’organisation de ce référendum car la Constitution actuellement en vigueur a été écrite par un collège qui ne représentait pas le peuple de Guinée », insiste pour sa part Amadou Damara Camara, président du groupe parlementaire RPG arc-en-ciel (mouvance présidentielle). « Si l’opposition a vraiment confiance dans le soutien populaire qu’elle affirme avoir,  il faut qu’elle aille aux urnes ! », ajoute-t-il.

La date du scrutin reste encore à fixer. Selon deux sources officielles concordantes, la Ceni devrait saisir sous peu la Cour constitutionnelle en vue d’un report des législatives, initialement prévues le 16 février, afin de coupler les deux scrutins.

GUINEE : PROJET DE NOUVELLE… by jeuneafrique on Scribd

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3095_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer

Je me connecte